Désormais, vous pouvez me rejoindre si vous le souhaitez pour « marcher en blog », sur http://pelerins-et-nomades.blog.pelerin.info/
Oui, voilà déjà l’année nouvelle. Et avec elle le temps des voeux, que l’on souhaite en mots plus lourds de sens et chargés de souhaits, en des moments où l’on mesure, peut-être plus qu’en d’autres, la gravité des choses ou des événements, de la vie des peuples, comme de la vie de beaucoup et finalement de tous.
Aussi je vous dis ces voeux du fond du coeur et vous souhaite belle cette année qui s’ouvre. Je le fais avec des mots que l’Eglise affectionne au premier jour de l’année et dont elle fait même une lecture liturgique pour ce premier jour de l’année. On les trouve dans les tout premiers livres de la Bible : « Yhwh parla à Moïse et dit : »Parle à Aaron et à ses fils et dis-leur :Voici comment vous bénirez les Israélites. Vous leur direz : ‘Que Yhwh te bénisse et te garde ! Que Yhwh fasse pour toi rayonner son visage et te fasse grâce ! Que Yhwh te découvre sa face et t’apporte la paix !’ Qu’ils mettent ainsi mon nom sur les Israélites, et je les bénirai. » » (Livre des Nombres ch. 6, v. 22-27)
Je fais de ces mots des souhaits pour vous et une prière. Et c’est sur ces mots-source que j’aime mettre à ce blog, entrepris pour l’année jubilaire de Lourdes : Lourdes 2008, ce qui n’est pas un point final, mais comme des points de suspension, comme il convient au pèlerin qui se trouve à l’étape, avant de repartir.
Je repartirai pour ma part, dès maintenant, sur un autre blog pour les mois qui viennent. Un blog toujours lié de près à la revue ou au magazine Pèlerin et à son site pelerin.info. Celui-ci aimante son titre : Pèlerins et nomades, hommes et femmes en marche. Je vous y invite avec amitié, si vous le souhaitez : http://pelerins-et-nomades.blog.pelerin.info/
Voici quelques photos du 8 décembre à Lourdes…
pour la beauté, ou la prière.

Durant la procession mariale le 7 décembre 2008
A la fin de la procession mariale, magnifique illumination de la façade du Rosaire
(en cinq videos – cliquer sur les liens)
http://mesvideos.croire.com/video/iLyROoafJzqM.html
http://mesvideos.croire.com/video/iLyROoafJzEr.html
http://mesvideos.croire.com/video/iLyROoafJzhY.html
http://mesvideos.croire.com/video/iLyROoafJzx_.html
http://mesvideos.croire.com/video/iLyROoafJzpK.html
Durant la messe du 8 décembre 2008, sur l’esplanade
Cette longue note retrace le chemin jubilaire, en mots et en images.
Elle est faite pour entrer si on le veut dans un itinéraire pèlerin.
Alors, qu’importent en fait les mots, ils ne sont qu’un support.
On peut ne marcher qu’en images, c’est-à-dire en fait, si l’on veut, au rythme intérieur.
C’est ce pèlerinage virtuel que je souhaite à chacune et à chacun. Pèlerinage intérieur.
Le sillon de Dieu
On ne quitte pas entièrement une année jubilaire. C’est comme un tracé de lumière, une sorte de sillon de Dieu qui s’est imprimé en nous et que l’on conserve, que l’on ne peut faire autrement que de conserver, car désormais il fait partie de nous-mêmes et éclairera le chemin.Clôturer une année jubilaire, c’est ainsi refaire le chemin comme à rebours, pour qu’il demeure plus fortement imprimé en nous, et que sa dynamique nous porte désormais, disponibles à la grâce.
Au petit matin
Le bonheur est alors de partir, dans la fraîcheur d’abord du petit matin, pour goûter au silence et à la douce clarté, puisque même très frais ou froid, c’est un jour de soleil. A la Grotte déjà une foule immense prie, célèbre l’eucharistie en ce petit matin du dimanche. Oui, ce sillon sera paisible, comme on aimerait le voir se tracer aussi chaque jour de l’année.
Chemin jubilaire à rebours
Le chemin jubilaire à rebours part symboliquement, dans l’après-midi, de la basilique Sainte Bernadette qui accueille le pèlerin, pour marquer sa première étape en fait au podium situé face à la grotte.
Comme Bernadette, face à la grotte, de l’autre côté du Gave
C’est ici que tout a commencé le 11 février 1858. Et le 25 février, la Dame dirigeait Bernadette vers une source, jusque là inconnue et qui vint au jour lorsque sur la parole de la dame Bernadette creusa la boue, avant que l’eau ne devienne limpide. Le pèlerin perçoit bien que au plus profond, Marie nous mène vers son Fils, Jésus, la source d’eau vive. Sa prière est simple, infiniment simple. Il demande l’essentiel : Marie, guide-nous vers la source ! Guide-nous vers ton Fils ! Guide-nous vers la Vérité et la vie !Puis il poursuit son chemin et se rend, comme Bernadette, jusqu’au pied de la Grotte.
Comme Bernadette, au pied de la Grotte
Car c’est ici l’épicentre de la grâce, chacun le sait d’expérience. Ici, Bernadette et la Dame se sont parlé, dans une infinie simplicité. Et c’est ce dialogue de simplicité qui s’éveille dans le pèlerin, en nous-mêmes, même à distance en ce pèlerinage virtuel. Mais un pèlerinage demeure-t-il virtuel quand le cœur est tout entier pèlerin ?Bernadette ici priait le chapelet, doucement accompagnée par la Dame. Le pèlerin, assez spontanément, fait de même. En ce milieu de l’après-midi d’ailleurs, il est accueilli par cette prière, qui en cette heure même est radiodiffusée, pour devenir une prière large.Sous les arcades, il vénère encore l’icône de la Mère de Dieu, magnifique Vierge à l’enfant qui trace doucement en nous ses traits lumineux.
A la Porte Saint-Michel, ‘en hâte’ comme Marie…
Après chaque apparition, Bernadette rentrait chez elle, le trésor au cœur. Bien avant elle, Marie avait quitté Nazareth pour aller rendre visite à sa cousine Elisabeth. Elle portait en elle le sauveur. Le pèlerin aussi porte au cœur cette rencontre à la fois discrète et vive faite en ce lieu. Et lui aussi part ‘en hâte’, avec au cœur ce trésor. Comme Bernadette, pèlerin d’Evangile.
Le pèlerin repasse alors la porte jubilaire et traverse le pont Saint-Michel pour remonter la rue commerciale qui le mène au cœur de la ville.
Devant l’ancien presbytère : Marie, Mère de l’Eglise
Le 2 mars 1858, Bernadette vint au presbytère porter le message qui lui brûlait les lèvres et surtout le cœur : « Allez dire aux prêtres qu’on vienne ici en procession et qu’on y bâtisse une chapelle ! » Envoyée par la Dame, elle vint ce jour-là sans détours au presbytère, pour le confier à l’abbé Peyramale, le curé, au tempérament vif mais au cœur bon, dont Bernadette pouvait craindre l’air bourru, mais qui devint pour elle, après les apparitions, un ami. Elle pleura en apprenant sa mort. Ils étaient devenus vraiment amis. Bernadette revint au presbytère le 25 mars, dire le nom de la Dame qui lui était révélé : « Je suis l’Immaculée Conception ». Ainsi Marie, en qui le Verbe s’est fait chair, nous conduit vers l’Eglise, sa demeure parmi les hommes. A la fin du Concile Vatican II, Paul VI proclama Marie « Mère de l’Eglise ». Le pèlerin comprend ces mots. Il les comprend par le cœur, au moment où il se dirige vers l’église paroissiale, où Bernadette fut baptisée le 9 janvier 1844, et où avec tous elle pria.
http://mesvideos.croire.com/video/iLyROoafJZGU.html
Devant l’église, Place Peyramale : Marie, femme eucharistique
Cette église est associée au chemin que fit Bernadette. Elle désirait de tout son être communier, accueillir en elle le corps du Christ, le corps de Dieu. Et sur la place aujourd’hui, pour ce grand chemin jubilaire, est exposé la présence eucharistique, la présence du Seigneur vivant. Même si les yeux ne peuvent voir que des signes discrets, le cœur perçoit l’essentiel. Et chacun entre dans cette présence. Elle devient pour lui lumière, qui se propage. Et le pèlerin marche à cette lumière. Il en porte le signe, qui ne le quittera plus.
Oui, je vous devais aussi des nouvelles du 8 décembre à Lourdes, la fête de l’Immaculée Conception, jour de clôture de l’année du jubilé… étant bien entendu, comme déjà expliqué, qu’il faut comprendre le mot clôture comme un geste de passage, pour poursuivre autrement.
Eh bien la météo était pour le moins maussade, mais permettait cependant, sous un ciel bas et lourd, de rester en plein air pour célébrer sur l’esplanade la grand-messe de l’Immaculée Conception. Et les pèlerins venus d’Italie étaient nombreux. Par délicatesse pour eux, et parce que c’était le cardinal Poletto, archevêque de Turin, qui présidait cette grand-messe, la langue italienne était à l’honneur. Messe internationale oblige, les textes étaient aussi entendus en allemand, néerlendais… français aussi, anglais, espagnol. Pas de grand geste particulier, puisque le geste du retour avait été symboliquement posé la veille.
A la fin de la messe et après l’Angelus, Mgr Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes, a tenu avec le P. Horatio Brito, nouveau recteur des Sanctuaires, une conférence de presse, pour présenter aux journalistes l’année nouvelle.
2009 sera une année marquée par Bernadette : « Le chemin de Bernadette, de Lourdes à Nevers ». Un regard large donc, et qui tarverse une humanité totale, celle de Bernadette et la nôtre. Insistance sur le discernement qui fut le sien pendant plusieurs années après les apparitions, avant de rentrer en 1866 (les appritions eurent lieu en 1858) chez les soeurs de la Charité de Nevers. Discernement, eucharistie – geste fondateur -, service et vie donnée, vie de l’Eglise, infiniment plus grande ou plus loin que nos clochers… Tels sont les points importants. Et pour l’avenir à plus long terme, la préoccupation de la prière : Lourdes et Bernadette comme une école de prière. Et aussi la réalité de la famille. Tant de familles viennent à Lourdes pour un temps de bonheur, de rencontre, de pèlerinage, de vie ensemble avant de repartir elles aussi…
Le temps d’un repas festif sans épanchements excessifs et c’était l’entrée dans le colloque sur le thème de l’année : Bernadette, sa vie… Je devais pour ma part intervenir sur l’Eucharistie pour Bernadette… et pour nous. Il faudra en reparler, même si ce blog touche à sa fin avec la fin de l’année jubilaire. Encore quelques jours quand même. Allez, disons jusqu’à la fin de l’année. Il y a encore tant de photos et de choses à partager. Sans oublier justement la marche du retour de jubilé et la poursuite du chemin, que je vous souhaite aussi magnifique. Le jubilé est une pile à combustion de lumière… et de bonheur.
Réminiscence biblique. Je sais que jubiler évoque en français une grande joie, une joie jubilatoire ! Le mot vient pour nous du latin, mais trouve sa source en fait dans l’hébreu. Le yobel est en effet d’abord dans la bible la corne dans laquelle on soufflait à perdre haleine pour appeler à la fête, au temps sacré, au temps de Dieu. Le jubilé a dès lors marqué les temps importants du peuple de la bible, et il en fut ainsi tout au long de l’histoire, jusqu’à nous. Dans la bible, chaque septième année était sabbatique, année de remise de dette et de mise en jachère des terres, d’abolition aussi des dettes. Le jubilé lui, marquait la cinquantième année, le sabbat de sabbats. Retour des terres à leur premier propriétaire, remise des dettes. Une année jubilaire est toujours un temps d’exception, de ré-initialisation… de tout. Un commencement nouveau, neuf.
C’est la raison pour laquelle après avoir marqué le jubilé, il faut repartir, reprendre le chemin des jours, prendre en quelque sorte le chemin jubilaire à rebours, le chemin du retour. Cela est d’ailleurs dans l’esprit même du pèlerinage, de tout pèlerinage. Les pèlerins de Compostelle, qui allaient toujours, par la force des choses, plein-ouest, n’étaient une fois arrivés sur place, qu’à mi-route. Car il fallait encore faire le chemin du retour, un chemin désormais plein-est. Et l’on sait que l’Orient, lieu où le soleil se lève, est signe dans la foi, depuis les origines, du Christ ressuscité, soleil levant venant nous visiter dit le Benedictus ou cantique de Zacharie, au premier chapitre de l’évangile de Luc. A l’opposé, l’occident évoque le coucher du soleil, et symboliquement la mort, celle aux yeux de la foi, du vieil homme, de l’ancien, quand le baptisé opte radicalement à l’opposé, pour la nouveauté du Christ.
Le pèlerin de Lourdes doit aussi repartir… plein est, et reprendre le chemin de la vie quotidienne, mais le souffle neuf. Ainsi le pèlerin est toujours en chemin… tourné vers l’Orient !
Nous sommes entrés dans la nuit. Et tout est redevenu calme. Mais cette soirée tout entière jubilaire a éclairé la nuit d’un flot immense de lumière. Procession mariale infinie. Tandis que – ceux qui connaissent reconnaîtront – la procession traversait la prairie et revenait par le pont dit des Piscines, beaucoup encore partaient et passaient seulement les arcades pour prendre les Ponts jumeaux. Puis la procession elle-même est montée le long des arcades, qu’elle a ainsi progressivement entourées de lumière, pour aller jusqu’au bout de l’esplanade, contournant à la porte saint Michel le Calvaire breton et redescendant l’esplanade. Ainsi le flux de lumière se rejoignait et illuminait tout l’espace des basiliques.
Tout en marchant et en priant, avec tant d’autres bien sûr par la pensée, je songeais que la beauté et la marche, les gestes, le corps, sont prière et expression de foi. Bien-sûr la foi n’est pas émotion, mais celle-ci à sa place y contribue. Il faudra alors le complément de la Parole entendue, parole de Dieu dont les moines disent qu’elle se rumine véritablement, elle se mange, comme le disait aussi le prophète Ezékiel. Et il faut aussi à la foi se confronter, rencontrer, faire silence, se fêter, s’exprimer. La foi se vit. Elle se partage. La prière dans la nuit en est une page merveilleuse.
Oui, ainsi sommes-nous entrés dans la nuit qui mène à la fête de l’Immaculée Conception. Le geste final de cette soirée, après la ‘Proclamation de la fête’ et le chant du Te Deum, est de partager la paix.
Qu’elle veille sur vous. Sur le monde… belle fête !
Sortie du jubilé au pas pèlerin
J’ai aimé parler ici même de la clôture du jubilé. Mgr Perrier préfère de beaucoup à ce mot, celui de sortie du jubilé. Une façon de dire que le jubilé ne s’arrête pas, mais que l’on poursuit le chemin.
Et de fait, cet après-midi, tandis que Lourdes, comme d’autres lieux, est gratifié d’un ciel bleu et d’une température presque printanière, les pèlerins étaient invités à rejoindre l’église sainte Bernadette pour partir… Juste un mot de Mgr Perrier et tous quittent déjà ce lieu, pour le ‘podium de la prairie’ qui fait face à la grotte. Oui, nous repartons de ce lieu, de la grotte, que nous contemplons avant d’aller, de partir…
Le pas est alerte et le rythme, pèlerin et vif. Chacun semble ainsi prêt à la marche vers les ailleurs d’où nous venons et dont Lourdes entend bien ne pas nous distraire, mais que nous y repartions… autrement, que nous y repartions… autres.
Marie partit en hâte…
Une foule certes pas aussi nombreuse qu’à l’ouverture du jubilé, mais pourtant assez impressionnante se met ainsi en marche. Impressionnante, car des groupes partiront ainsi comme en noria tous les quarts d’heure environ, au fil de l’après-midi.
On s’arrête à la Porte St Michel [en haut de l'esplanade], symboliquement fermée. Une icône ou plus exactement, la reproduction immense d’une mosaïque représentant la Visitation fait face en cet instant au pèlerin : « En ce jour-là, Marie partit en hâte ». J’entends ce mot : « en hâte »… Oui, il est temps de partir. Marie part en hâte quand elle porte en elle la présence du Christ. Elle part à la rencontre de sa cousine, elle-même enceinte de Jean-Baptiste et dans leur rencontre, l’enfant tressaille. Le pèlerin lui aussi part, sur un tressaillement intérieur, fût-il discret, mais réel. Son lieu est la rencontre.
Pèlerins pour la marche, la rencontre
La grand-porte St Michel s’ouvre, et toujours le pied alerte, la foule prend le chemin qui remonte vers la ville. Arrêt près du presbytère où Bernadette rencontra l’abbé Peyramale, curé de Lourdes au temps des apparitions. Et à deux pas, l’église paroissiale, dont nous étions partis il y a un an. Là, devant l’église où nous étions rentrés pour y venir aux fonts baptismaux où Bernadette fut baptisée, rappel de notre propre baptême, la présence eucharistique a été placée, pour demeurer au coeur de la marche du pèlerin désormais. Non pas ici un gand ostensoire doré et immense, comme souvent dans les processions, mais une immense coupe. Elle contient ce pain de Dieu, présence du Christ, nourriture pour la route du pèlerin. Chacun a reçu en entrant dans ce lieu une bougie. Il ne reste plus alors qu’à partir et porter la lumière. Oui, remis en chemin avec cette responsabilité.
Pèlerins pour la marche, la rencontre… et pour le partage de l’essentiel.
Je reviendrai en photos et commentaires sur cette marche importante… l’exode pèlerin !
Le P. Horatio Brito, nouveau Recteur des Sanctuaires de Lourdes,
célèbre la messe à la Crypte le 6 décembre.
La journée commence comme beaucoup de journées en ces temps d’hiver. Météo clémente et ciel virant au bleu. Mais en fin de matinée, le crachin a repris l’avantage pour la suite de la journée. Qu’importe ! Des groupes divers dès le début de cette matinée, vont et viennent, aux abords des Sanctuaires, du Chemin de croix de la montagne, à la Grotte bien-sûr. Ce n’est pas encore la foule. Ce sont les signes annonciateurs de la foule qui devrait venir ces 7 et plus encore 8 décembre, pour la clôture du jubilé, qui sera suivie d’un colloque de 2 jours sur le thème de l’année à venir : « Le Chemin de Bernadette : de Lourdes à Nevers ».
Pour l’heure, un Conseil de la Pastorale se réunit. Un regard sur l’année écoulée, cette année jubilaire qui aura été particulière, un grand souffle, une fréquentation inhabituelle, des gestes nouveaux, le chemin jubilaire, une rencontre nouvelle de Lourdes pour beaucoup. A trvers tout cela, pressentir les sillons à creuser, les enseignements à tirer, pour poursuivre le chemin résolument. Et que Lourdes remplisse sa mission, dans le souffle de son histoire, déployant sa richesse pour tous.
Plus d’une quarantaine de personnes s’attellent à la tâche, puis échangent sur le thème de l’année qui s’ouvre. Comment demeurer pèlerin, non pas dans le retour des gestes, mais dans la marche en avant, la découverte encore : de la personne de Bernadette, de son chemin, du nôtre… des chemins de Dieu sur nos routes.
Travaux en assemblée, échanges en groupes plus restreints, la réflexion va bon train. Et se poursuit, jusqu’au terme de la journée, en envisageant d’autres chemins encore, pour les années à venir. Continuer à discerner ensemble toutes les richesses dont ce lieu de Lourdes, son message, son histoire, sont porteurs pour aujourd’hui.
Incontestablement, l’accueil de la fragilité tient et revêt en ce lieu une place privilégiée. La fragilité n’est pas cachée. Elle est présente, de plein droit, et accueillie. C’est probablement pour cela qu’elle trouve ici des chemins de guérison, d’apaisement. Mais ce sont aussi de nombreuses personnes et de nombreux groupes qui passent à Lourdes et s’y arrêtent. Lourdes, comme un laboratoire d’humanité. Un lieu à ciel ouvert pour tous. Oui, à ciel ouvert…
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Un peu de pluie et… beaucuoup de vent en ce soir. J’arrive à Lourdes, ville bien calme en ces jours d’hiver et comme par temps de pluie. Juste quelques pèlerins. Mais dans quelques heures tout s’animera. De là où je suis, j’aperçois, après avoir entendu d’abord sa rumeur dans la nuit, le train qui arrive. Un train corail qui allonge sur la colline d’en face son long chapelet de lumière. Difficile de voir de loin si le train est plein ou non, et si comme on le ferait volontiers, des gens regardent vers ici, vers la Grotte. Mais peu importe.
J’arrive en ce lieu et vous rejoins par la pensée. Venant à Lourdes, on vient toujours au nom d’autres, tant d’autres. Vous y êtes.
Lourdes, les mots de Marie, c’est le titre d’un livre paru cet été, sous la plume du P. Régis-Marie de La Teyssonnière (éditions CLD, 2ème semestre 2008). Chapelain de Lourdes, qu’il connait bien et fréquente depuis longtemps, il met en lumière, pas à pas, chapitre après chapitre, les paroles reçues de Marie par Bernadette au cours des apparitions. Il les reçoit, les cueille ou les accueille, les observe, et montre comment chacune est une véritable pépite de vie chrétienne.
Le langage est fort, un langage de conviction, qui peut faire hésiter éventuellement à la lecture qui se trouve ou se sent à distance de la foi. Il trace un chemin, comme un guide de montagne. Et la lecture est nutritive. « Finalement, écrit Mgr Perrier dans la préface au livre, le sous-titre pourrait être : Petit traité de théologie spirituelle ou Marie, maîtresse de vie spirituelle ou Guide pour une retraite prêchée par la Sainte Vierge. » Tout est dit. Il suffit de rentrer dans le livre, et à nouveau dans le mystère de Lourdes, en une bouffée d’air fort et vif, un chemin de vie chrétienne.
Il fallait parler de ce livre avant la fin de cette année jubilaire. Et il y aurait encore de nombreux autres livres, du P. de La Teyssonnière lui-même comme d’autres auteurs.
Des livres, pour mieux entrer dans l’histoire de Lourdes, et mieux en goûter le mystère. Bonne[s] lecture[s] !
A l’approche de la clôture de l’année du jubilé à Lourdes, réviser ses classiques. Regard sur la source et l’espérance immense placée en elle par des milliers de pèlerins. Et ces mots que je relisais aujourd’hui :
Tandis qu’elle était désormais à Nevers, on interrogeait Bernadette sur la quantité d’eau de cette source à donner à une personne malade : « Une goutte suffit. Seule la foi est importante ». Retour à l’essentiel.
En attendant, se préparer le coeur… Et tout est à la nouveauté. La nouveauté de Dieu. Aujourd’hui en effet marque la fin de l’année liturgique, c’est-à-dire ce temps que l’Eglise déploie pour que chacun y marche, déployant l’espace de la foi, la nourrissant aux saisons de Dieu et à sa Parole. Déploiement infini du mystère, qui s’achève, au terme de l’année liturgique, par la magnifique vision qui clôt l’Apocalypse : Dieu y laisse entendre l’imminence de sa venue. Et chacun s’y apprête le coeur.
Attendre le 8 décembre et cette fête qui clôt le jubilé, sur les chemins de Lourdes. Oui… Et attendre au plus profond, la venue de Dieu, qui bouleverse chaque être, chaque vie. Comme une sève qui travaille le monde malgré les apparences d’hiver. Espérance…
La fête du 8 décembre approche, et avec elle la clotûre de l’année jubilaire. On ne sait pas vraiment ce que signifie clore une année jubilaire, comme porté par une vague on imagine peu ce que signifierait se poser sur le sable : la fin d’une histoire ? Non, on ne peut se poser ainsi sur le temps ordinaire quand on a navigué dans le souffle des vents porteurs d’une année de jubilé. Alors à suivre ! Et si vous en pensez quelque chose, dites-le peut-être ici, en commentaires ?
Oui jubilé… depuis les temps les plus anciens, la marque dans la vie et l’histoire des hommes, du poinçon de Dieu !
L’automne ni la pluie ne retiennent le pèlerin de venir reprendre le chemin qui mène sur les pas de Bernadette, à travers la ville où il est venu se ressourcer aux eaux vives, sur le « chemin jubilaire ».
L’église paroissiale où Bernadette fut baptisée
Oui, c’est là que commence le chemin, au lieu où elle vint souvent, très souvent, aux sources de sa foi, aux sources aussi du baptême qu’elle reçut tandis qu’elle avait tout juste deux jours, oui le baptême, ce complément infini de la naissance et de la vie que lui avaient données François Soubirous et Louise Castérot, ses parents, dans un immense amour. Et cet amour l’accompagna toujours, car jamais ils ne le perdirent, surtout au jour où pour eux tout partit en bourrasque.
Chacun refait ici le signe de la croix du Christ, dont il se laisse marquer, comme au jour du baptême. L’ont-ils tous reçu le baptême, ceux qui viennent ici se « signer » ainsi ? Peut-être non. Peut-être est-ce un début du chemin. Revenir là, sur le lieu de la fontaine baptismale, c’est toujours un début du chemin, un [re]commencement…
Au cachot, où Bernadette vécut avec sa famille, au temps du malheur total…
…et pourtant chaque jour le cousin, propriétaire des lieux et qui vivait au-dessus, entendait la famille Soubirous prier. Et pourtant aussi, François Soubirous était honnête, même si comme il arrive aux pauvres on l’accusa de vol et le jeta en prison, jusqu’à mieux instruire l’affaire, et pour « faire une leçon ». En prison et la réputation salie… pour rien, absolument rien, car François Soubirous avait l’honnêteté et la dignité des pauvres.
Ici au pèlerin s’impose le silence, car en un tel lieu il n’est aucune parole. Seule celle qui remonte en cet instant au cœur, celle dans laquelle Jésus annonce le bonheur que lui seul peut donner au moment où tout se tait, au moment de l’obscurité quand elle s’impose parfois lourdement, et que pourtant Dieu veille. Les « Béatitudes » de Jésus ici prennent une force étonnante, un écho profond dans le cœur, comme une eau infiniment limpide au pays de la sécheresse totale…
Le chemin de la grotte…
… le chemin de la grotte, lumineux… par tous les temps, car Bernadette y vivait une rencontre étonnante, qui bouleversa pour toujours sa vie… et aussi la nôtre. Chacun en reprend le chemin en pèlerin, c’est-à-dire dans une humilité absolue, étonné et espérant y faire une semblable rencontre. Et les témoins, nombreux, affirment qu’il peut en être ainsi pour tous.
L’Hospice
Oui, enfin l’Hospice, où Bernadette fit sa ‘première communion’ le 3 juin 1858. Où elle vécut aussi plusieurs années, six années, car sa joie la plus profonde était de servir les pauvres. C’est ainsi. Et disant cela on n’enjolive rien. Bernadette aimait servir et servir vraiment, et sans attendre de merci, juste parce que ce geste était le plus proche de ceux du Christ et que dans ces gestes et ce don elle trouvait sa joie.
Elle entra de fait dans la congrégation des Soeurs de Nevers, qui tenaient alors l’Hospice et qui y sont toujours présentes. L’année 2009 à Lourdes invite d’ailleurs à prendre ce chemin aussi, d’après Lourdes, pour Bernadette, le chemin total de sa vie.

Ici le pèlerin vénère l’autel, signe de rapprochement intérieur pour lui, du mystère du Christ. Signe aussi du désir qu’il aimerait porter lui aussi du service et du don total.
Il ressort alors, marqué du signe de son passage. Signe extérieur du chemin… intérieur qu’il a vécu au plus profond, et qui se poursuivra en lui et dans sa vie, désormais marquée mystèrieusement… pour toujours, de ce passage.








