Une douceur de paradis !
Vendredi, février 29th, 2008Lundi 1er mars. La foule s’assemble, nombreuse, dès minuit. Combien sont-ils ? On en dénombre mille cinq cents et même plus. L’ambiance est au recueillement et à la prière, quand Bernadette arrive. Et comme les autres jours, elle va droit au but, sans s’attarder, et simplement prie. Peut-elle d’ailleurs faire les choses autrement que simplement ?
C’est au lendemain de la visite et de l’interrogatoire chez le juge d’instruction. Mais l’instruction est pour elle ailleurs. A ce qu’ici elle apprend du ciel. Il y a même un prêtre, qui n’est pas de Lourdes : l’abbé Désirat, qui ignorait que le curé Peyramale avait interdit au clergé d’aller à la Grotte. Il est tout surpris. On lui fait place et il se retrouve au premier rang. Il n’en croit pas ses yeux de myope. Quelle beauté cette Bernadette quand elle parle au ciel ! Extase, disent les gens ! Oui, toute autre, complètement saisie par cette autre réalité qui est là devant elle et lui parle, et lui sourit.
Le prêtre est bouleversé de ce qu’il voit : de la beauté de Bernadette, mais aussi de la rapidité sans heurt pourtant, à laquelle le visage de Bernadette peut passer de la joie à la tristesse. Que peut-il bien se passer en Bernadette pour qu’elle passe ainsi par les contraires ou par… ce bonheur profond sur lequel semblent passer des moments d’ombre, de tristesse ?
Il doit être là le mystère de la Grotte et des gestes que pose Bernadette, en redisant pour toute explication que c’est “en pénitence” et “pour les pécheurs”. Ombre et lumière passent sur son visage, comme se conjuguent en nous probablement obscurité et pardon, péché de l’homme et miséricorde divine. Invitation au pécheur sur les chemins de tendresse de Dieu. Quelle beauté dans le regard de Bernadette quand elle livre sans le savoir cet itinéraire, à qui la regarde.
Ce jour-là, Catherine Latapie, dite Chouat, fait avec ses deux loupiots hauts comme trois pommes, les 7 kilomètres qui la mènent à Lourdes. Elle trempe dans le ruisselet de la source son bras abîmé et ses doigts refermés qui en font une piètre femme de maison. Et quelle douceur ! Son bras s’apaise, et sa peine aussi. Premier “miracle” que reconnaîtra Lourdes après analyses scientifiques sérieuses. Catherine repart et accouche presque en chemin. Elle avait pris des risques en venant. Aux sources de tendresse. C’est là que mène le chemin de Lourdes. Et cette eau qui guérit, parabole de nous-mêmes et des sources de Dieu.
Merci, Madelise, Enitram, de dire comment l’itinéraire de Bernadette et le chant de la source font aussi leur chemin en vous.

