Archive pour le mars, 2008

Annonciation

Lundi, mars 31st, 2008

C’est aujourd’hui que l’Eglise fête l’Annonciation. Tout juste au terme de l’octave de Pâques, dont nous avons parlé, qui l’inscrit dans la fulgurance de Pâques. La bonne lumière pour voir cette fête et la comprendre…

Message ce soir à Notre-Dame, pour tenter de laisser résonner pleinement ce mystère et la Parole de Dieu qui aujourd’hui l’éclaire : L’Annonciation, nous donnant à contempler ce que Dieu inscrit dans notre humanité par le Oui de Marie, ouvre en nous aussi le temps de sa Parole, le temps de son projet, le temps de son rêve. Elle ouvre en nous le temps des grands projets de Dieu…

Et l’ange la quitta. Mais la terre ne s’est pas remise de son passage…

Foi pascale

Dimanche, mars 30th, 2008

«La foi consiste à ne jamais renier dans les ténèbres ce qu’on a entrevu dans la lumière.» Cette citation de Gustave Thibon accompagnerait bien ce temps de Pâques, au moment où tout s’ouvre à la poursuite des jours que l’on dit ou que l’on pense ordinaires. Elle conviendrait bien aussi au temps que vécut Bernadette… souvent : dans l’ordinaire. C’est le temps du silence après la magnifique Apparition du 25 Mars… C’est la poursuite du temps, en gardant au coeur les choses entrevues dans la lumière.

Une devise qui tracerait bien le chemin. En tout temps !

Annonciation

Jeudi, mars 27th, 2008

Lourdes, fin Mars

Temps de l’attente. Bernadette vit l’ordinaire des jours, mais la lumière au coeur. Elle garde comme une discrète source vive la fulgurance des paroles incompréhensibles dites par Aquero le 25 Mars, le don de son nom, en son patois pyrénéen. Les mots de cette révélation sont si immenses. Et même en son patois, elles étaient incompréhensibles. Le sont-elles même pour nous, quelle qu’en soit la langue ? La langue du ciel ou des choses du ciel se pressent plus qu’elle ne se comprend. Mais elle fait vivre.

Annonciation

Cette année, comme évoqué il y a deux ou trois jours, cette fête se laisse porter dans la fulgurance de Pâques, et nous la fêterons le 31 mars.

Initiative

Les grands pèlerinages ou pèlerinages (inter-)nationaux se rencontrent souvent, pour porter ensemble une charge parfois lourde, d’organisation de ces pèlerinages. Moderniser le rapport à la S.N.C.F. n’est pas chose facile. Et il y a de multiples autres aspects. Et aussi, porter ensemble la vigueur heureuse de la proposition du pèlerinage aujourd’hui. On aurait pu penser que chacun menait les choses de son côté, comme on se dispute de la clientèle. Eh bien ce n’est pas le cas. Nous nous voyons souvent, nous portons ces projets importants ensemble.

Notre Dame de Paris

Ce 31 mars, en matinée, nous tiendrons ensemble une conférence de presse. Justement pour aborder ces questions que j’évoque, de notre confrontation à la modernité. Et le soir, à 18h15, nous nous retrouverons à Notre-Dame (de Paris) pour fêter l’Annonciation. Le P. Philippe Jeannin o.p., directeur du Pèlerinage du Rosaire et président de la Fédération Internationale des Organisations de Pèlerinages que nous avons fondée il y a déjà près de 2 ans (F.E.D.O.P.), présidera cette eucharistie. Seront présents aussi les responsables du pèlerinage Montfortain, du Pèlerinage militaire international, de celui de l’Ordre de Malte, du pèlerinage franciscain, et même le Frat, qui comme plusieurs d’entre nous fête un anniversaire. Comme le Rosaire, 100 ans ! D’autres anniversaires : 60 ans, 135 ans… La fête !

J’assurerai moi-même la prédication, parlant de Notre-Dame en la cathédrale… Notre-Dame. Parlant de l’Evangile, parole vive. Parlant du mystère et de la fulgurance du don de Dieu. Nous serons à la source, en profonde communion avec les évènements de Lourdes. Chacun de nos pèlerinages a en effet reçu mission cette année de Mgr Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes : de la Paix, de la prière à Marie, de l’Eucharistie…

Clin d’oeil !

Je vous avais dit à bientôt, au 6 avril, et puis… en fait c’est plus tôt.
Bonne route à vous !

Fulgurance de Pâques… et flamme en Olympie !

Mardi, mars 25th, 2008

Nous sommes dans la fulgurance de Pâques. Dans la fulgurance aussi de Lourdes, et la beauté lumineuse de la révélation reçue par Bernadette… le 25 Mars 1858. Aquero, cette Dame petite comme elle mais belle comme le ciel, lui a révélé, dans son patois, son nom : ‘Je suis l’Immaculée Conception”. Et cette révélation devait convaincre le curé Peyramale de faire construire une chapelle, ce dont Bernadette portait un souci très vif depuis qu’Aquero lui avait dit de transmettre ce message aux prêtres.

Nous sommes dans cette fulgurance dont des coeurs d’hommes ne se remettent pas. En effet, c’est pour nous déjà, à la différence de Bernadette, ce printemps précoce de Pâques évoqué ces jours-ci, tandis qu’en 1858 c’était encore le temps du Carême. Mais l’actualité suit son cours : bonheurs et malheurs, proches ou lointains. Mais aussi des moments symboliques, dans lesquels l’humanité retient son souffle et se prend à renaître dans un souffle ou un rêve de fraternité. Ecrivant ceci, je pense à la flamme olympique, allumée hier matin dans un vieux temple… d’Olympie bien-sûr. En regard aussi de ce sursaut affiché d’autres clartés, concernant les droits de l’homme, en Chine et partout. Sur le Toit du monde justement, en particulier !

Mais j’en suis impressionné, et vous aussi sûrement ? Cette flamme va faire 137 000 kilomètres et passer je crois dans 134 villes, avant d’arriver le 8 août à Pékin. Je me prends à faire des parallèles. Avec la fulgurance de Lourdes que j’évoquais, et qui continue son chemin résolument, sur les 5 continents aussi.

Au rythme de la flamme olympique et en rêvant qu’elle trace une traînée de paix belle comme la voie lactée, je pense que dans le temps de son parcours, avec beaucoup d’autres, nous serons dans celui qui a également des allures de marathon : la préparation de notre venue, en foule aussi, à Lourdes. Je redis les dates, puisqu’elles coïncident presque avec celle de l’ouverture des J.O. et que je vous invite aussi, avec tous ceux à qui vous voudrez lancer l’invitation : du 11 au 16 août. 5 jours à Lourdes pour renaître. Accueillir la lumière. Partager la fulgurance intérieure…

Aujourd’hui 25 Mars. En l’année 1858, à Lourdes, c’est donc la 16ème apparition. Je laisse en jachère à peine quelques jours, ce blog. Nous venons de vivre les jours fondateurs de la foi, et avons fait en quelque sorte moisson. Il nous faut nous sussurer ce bonheur intérieur, cette fulgurance, puisque c’est le mot qui s’est imposé à moi.

Fulgurance aussi dans la révélation accueillie ce jour avec Bernadette… 150 ans après elle il est vrai, mais comme un mystère qui révèle aussi quelque chose de notre propre vie. Beaucoup à se sussurer, dans la pensée, dans le coeur, peut-être comme une illumination intérieure ou quelque chose comme cela.

La 17ème apparition eut lieu pour Bernadette le 7 avril 1858. Rendez-vous bientôt, et en tout cas la veille, pour ne pas la manquer.

Suivez des yeux la flamme olympique. Et ne manquez pas la fulgurance intérieure, aussi tenace… ou plus !

Ce jour-là, elle donna son nom

Lundi, mars 24th, 2008

Le 25 Mars 1858, il y a juste 150 ans, Aquero communiquait à Bernadette son nom. Nom curieux il est vrai, puisqu’il sonne comme un titre : “Je suis l’Immaculée Conception”. Et Marie dit son nom dans le patois de Bernadette : Que soy era Immaculada Councepciou. Des mots qui figurent au pied de la statue de la Vierge placée au creux de la Grotte de Lourdes. Le mystère ne craint pas d’être proche. Ce n’est pas la langue dans laquelle on le dit qui importe. C’est le rayonnement qu’il répand, la clarté totale, qui emporte les repères des hommes et les provoquent à penser, à contempler, à s’abandonner à l’immense.

Quand Bernadette rapporte au curé Peyramale les paroles qu’elle a entendues d’Aquero, celui-ci se frotte les yeux et reprend son souffle. S’il est quelque peu abasourdi, c’est que Bernadette ne sait pas ce qu’elle dit. Elle répète en buttant sur les syllabes ce qu’Aquero lui a confié. Or le pape Pie IX vient de promulguer à Rome le dogme de l’Immaculée Conception, quatre ans auparavant, en 1854, et cette formulation de ce qui demeure un mystère, n’est pas encore familière aux croyants… encore moins en patois et pour une gamine rebelle à l’instruction !

Mais au fait, en savons-nous plus ? Le propre du mystère est de donner infiniment à penser, tandis qu’intérieurement on pressent, on comprend. Et de fait, dès les premiers siècles de l’Eglise, les croyants ont bien eu l’intuition de l’exception ou de la particularité de Marie. Le début de l’Evangile de Matthieu, comme de celui de Luc, le disent en mots sobres et infinis. Et les premiers grands conciles qui dans les premiers siècles ont formulé la foi de l’Eglise concernant l’identité profonde de Jésus, ont en quelque sorte prolongé ces mots et le regard, en ne craignant pas d’appeler Marie Theotokos c’est-à-dire “Mère de Dieu” (concile d’Ephèse, en 431).

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Mère de Dieu ! C’est-à-dire que rien de ce qui est du péché ou de la corrosion du mal ne pouvait l’atteindre. Jamais, c’est-à-dire depuis toujours et pour toujours ! Immaculée Conception : dès avant même qu’elle ne soit, dès sa conception, Marie est toute entière épargnée par le mal et par le péché : “plus jeune que le péché” disait Bernanos, dans le Journal d’un curé de campagne, “plus jeune que le péché, plus jeune que la race dont elle est issue…”. En Marie il ne peut exister l’ombre du péché, l’ombre d’une ombre avec le projet de Dieu.

La corrosion du mal et de la mort ne peuvent la toucher ! Et l’Eglise, le 1er novembre 1950, proclamera comme en écho le dogme de l’Assomption, qui est comme symétrique à celui de l’Immaculée Conception : Marie n’a pu connaître la corrosion du péché, dès avant le temps, mais de même elle ne peut connaître non plus celle de la mort :  “Marie, l’Immaculée Mère de Dieu toujours Vierge, à la fin du cours de sa vie terrestre, a été élevée en âme et en corps à la gloire céleste”. Marie, montée aux cieux, avec son corps. Dormition dit la tradition orientale. Elle sommeille.

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Le terme dormition insiste plus sur la mort effective de la Mère de Dieu. La dormition désigne en effet la fin de la vie terrestre, la mort, considérée comme un sommeil paisible précédant la Résurrection. L’événement commémoré n’est pas d’origine biblique. Il est rapporté par diverses légendes anciennes, dont les plus anciennes pourraient remonter au 3e siècle, et circulèrent sous forme de récits apocryphes, habituellement désignés comme les Transitus Mariae, qui tous relataient la mort de Marie à Jérusalem puis, pour certains, sa montée corporelle au ciel et sa résurrection. Les apôtres portent alors le corps de Marie sur une litière jusqu’à Gethsémani et la déposent dans le tombeau. Après trois jours, le tombeau est rouvert et trouvé vide, témoignage du transfert au ciel du corps de la Mère de Dieu et de sa réunion à son âme auprès de son Fils.

Dès le 6 - 7ème  siècle, Saint Modeste de Jérusalem (+ 634), parle longuement de la « bienheureuse dormition de la très glorieuse Mère de Dieu », et conclut sa « louange » en exaltant l’intervention prodigieuse du Christ, qui la « ressuscita du sépulcre » pour l’élever avec lui dans la gloire. Ainsi les mots de la théologie, de longue date, se forgent, pour dire le mystère, pour dire l’indicible, qui ne peut être appréhendé que dans un regard long et qui contemple. Car ces affirmations de foi sont comme la fulgurance du regard de contemplation, de tels mots ne peuvent se dire que dans un cœur qui prie.

C’est donc en fait l’ensemble de ce mystère qui est révélé à Bernadette, à Massabielle, il y a tout juste en ce 25 Mars 150 ans. Bernadette ce jour-là, aura demandé par trois fois et même quatre à Aquero son nom. Aquero a souri chaque fois, puis en ouvrant les mains, a dit à Bernadette ces mots infinis. 

Bernadette aura dans sa vie à redire… sans fin ce récit. Les témoins ont été étonnés de la beauté infinie de Bernadette quand elle refaisait ce geste de simplicité et de don absolu, cette façon unique d’ouvrir les mains, à l’heure du mystère qu’elle révélait.

Pour nous, ce 25 Mars est entièrement placé dans le sillon de Pâques et sa lumière. La fulgurance de Pâques est en harmonie totale avec ce qui était dit ce jour là à Bernadette, le 25 Mars 1858. Mais peut-être faut-il inverser : ce qui était révélé à Bernadette ce jour-là, est un fragment intensément lumineux de la fulgurance de Pâques… A laquelle nous avons part aussi.  

Vigile

Lundi, mars 24th, 2008

Lundi 24 Mars, Lundi de Pâques…

Nous sortons de la Grande semaine. Nous y sommes encore, puisque l’Eglise aime, comme en musique, l’octave. C’est pour elle non pas une gamme, mais huit jours, une pleine semaine (le chiffre de la création !) pour se sussurer le mystère, pour le goûter, le recevoir.

Ainsi ce lundi 24 n’est pas comme en d’autres années la veille de l’Annonciation. Cette fête ne peut être fêtée dans les jours de Pâques. La lumière est trop vive. Elle sera célébrée… à l’octave, le 31 mars.

Pourtant c’est bien le 25 Mars qu’en 1858 Bernadette reçut d’Aquero la révélation de son nom. En patois bigourdan, patois des Pyrénées ! Mais les mots étaient si compliqués que Bernadette dut les répéter presque à l’infini, tout en marchant, pour s’en souvenir jusque chez le curé Peyramale. Car lui attendait réponse sur ce point avant de s’engager plus sur l’idée d’une procession et plus encore de la construction d’une chapelle, comme le demandait Aquero, si l’on devait en croire Bernadette, ce qui semble-t-il n’était pas encore acquis.

Ainsi Aquero donne son nom. Et l’on cessera désormais de l’appeler ainsi, Aquero, de ce nom générique du patois de Bernadette, qui pourtant respecte l’atérité et le mystère. Ce mot des pauvres que Bernadette utilisait pour parler de la Dame si belle et si jeune, et pas plus haute qu’elle, qui lui parlait, qui s’entretenait avec elle dans la Grotte de Massabielle, dans laquelle elle descendait aussi. On la croirait spontanément toujours en hauteur, dans le creux de la grotte toujours visible aujourd’hui, où s’est arrêtée la vision, avec la statue de la Vierge que tous connaissent et vers qui tous se tournent, qu’ils soient auprès ou au loin… Mais Aquero descendait dans la Grotte, au niveau même de Bernadette, de sa vie. Si proche, qu’un jour Bernadette s’étonne auprès de ses amies qui lui disent : “Tu l’as vue ?” - ”Mais bien-sûr, répond elle, et vous, vous ne l’avez pas vue ? Elle était juste à côté de vous, elle vous touchait presque…”

Etonnant cette proximité. Etonnante en certains moments la proximité du ciel…  En tout cas je le pense.

Le 25 Mars 1858, Marie communiquait son nom à Bernadette. Mais nous sommes le 24 ! C’est le temps de l’attente. Une vigile en quelque sorte…

Pâques : Christ est ressuscité !

Dimanche, mars 23rd, 2008

Christ est Ressucité !

Jésus, Dieu l’a ressuscité ! Joyeuse rumeur, surprise des témoins qui trouvent vide le lieu de la mort, et la pierre roulée. Les signes de la mort sont emportés par la Vie et la présence du ressuscité éclaire l’histoire : la mienne, celle de tout homme, invitant chacun à la prendre en relais. L’Eglise même en est transfigurée, en ce petit matin de Pâques. Les chrétiens d’Orient se saluent par la joyeuse annonce : Christ est ressuscité ! Et l’apôtre Paul ouvre la brèche, nous entraînant d’un mot très fort : Frères, vous êtes ressuscités avec le Christ !

Pâques. Aujourd’hui l’Eglise refait les gestes fondateurs, dans lesquels elle reçoit, dans laquelle avec elle chacun reçoit, la vie de plénitude : le geste de l’eau, la profession de foi baptismale, le geste de la lumière, et le geste du pain et du vin.

Dans le soir, deux disciples marchent vers un lieu nommé Emmaüs. Ce pourrait être nous, qui reconnaissons la présence du Ressuscité dans le pain partagé.

Pâques…

Petit matin

Dimanche, mars 23rd, 2008

cloche-a-nazareth.jpg  Petit matin. Eveil d’aurore. Etonnement du surgissement de ce qui est vie, en terre de gel ou laissée à l’obscur. Fulgurance, donc. Prime aube, où des femmes se lèvent pour aller au tombeau, le coeur plein de tout : du scandale, de la peine, du vide, et de l’affection totale qui pourtant demeure, désemparée. 

Matin incertain où les disciples hésitent à s’enmurer dans la peine ou la peur, et où les plus forts se relèvent, sans savoir aucun chemin désormais.

Durant le temps du silence a fait irruption le temps de Dieu, comme la verdeur d’un printemps. Pierre descellée. Petit matin de désemparement, de doute, mystèrieusement traversés d’allégresse qui peu à peu en emporte l’une, l’autre, qui se mettent à parler.          

dimanche-de-paques-pierre-roulee-rumeur-de-resurrection.JPG   Tandis que l’aube est encore entre chien et loup, le doute le dispute longuement au silence, quand vient une voix d’ange, qui ouvre la terre à un message venu de Dieu seul : ‘Pourquoi chercher parmi les morts celui qui est vivant… ?’

Le petit matin de Pâques est, au temps de l’éveil, rumeur qui gagne sur la nuit et doucement s’impose. Rumeur de résurrection. Légèreté insoutenable dans l’air qui vibre, de l’Alleluia que seul peut laisser surgir une voix autre, venue de Dieu, mais qui peu à peu emplit la terre et traverse les êtres.

Petit matin de Pâques et allégresse du surgissement de la vie plus forte que la mort. Christ est ressuscité ! Les chrétiens d’Orient se le disent l’un à l’autre aujourd’hui dans la rencontre : Christos anesthi ! Et la réponse confirme : alèthos anesthi ! Christ est ressuscité ! Oui, il est vraiment ressuscité !

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Sourire d’Avril, Enitram, Danièle, Madelise, Catherine, Rose…. en ce petit matin, laissant aussi parvenir à nous le chant du Gave, qui semble prendre en écho la nouvelle, je vous souhaite de cette joie de Pâques qu’aujourd’hui l’Eglise chante, et reçoit comme pierre fondatrice de sa foi.

Bernadette, la petite Soubirous, vécut de ces matins de Fêtes - Dieu. Sa foi s’y est nourrie. En 1858 Pâques était moins précoce. Pas étonnant, en cette année 2008, la date est si précoce qu’il n’en sera pas ainsi avant plus de 120 ans je crois. Profitons en. C’est en fait pour la foi, comme un printemps précoce. A respirer à pleins poumons.

Christ est ressuscité !

Nuit pascale

Samedi, mars 22nd, 2008

Samedi saint ! C’est le temps d’un long silence, du suspens de tout. Le temps d’après la mort, sans aucune certitude autre que le silence. Et dans la nuit, le long rappel de l’histoire d’un peuple en naissance, conduit par son Dieu. Le rappel de cette longue histoire - et la lumière gagnent alentour. En l’homme aussi. Car la nouvelle éclate dans la nuit : Il est ressuscité, Il est vivant. Oui ! Brillez déjà lueurs de Pâques.

Nuit pascale. Nuit entre toutes. Fondatrice.
C’est la brèche, qui ouvre pour toujours le chemin.
La vie l’emporte sur la mort.
La grâce l’emporte sur le péché.

L’amour l’emporte sur les haines.

Nuit source pour quiconque en accueille la brise, l’étincelle.
Nuit de resplendissement de la lumière.
Nuit d’étonnement infini.

Nuit de Dieu…
Nuit transformée pour l’homme.
 

Le chrétien en porte le signe,
qui le dépasse infiniment,
signe ouvert à tous,
brèche instauratrice pour tout homme…

Nuit pascale. Nuit entre toutes.
Fondatrice.
Ne le fut-elle pas pour la vie de Bernadette ?
Ne le fut-elle pas un jour, ne l’est-elle pas pour nous ?

Espace ouvert, où chacun peut témoigner, dire ou [re]penser à
           cette ouverture instaurée,
           cette liberté rendue,
           cette grâce attendue ou rencontrée,
           le pardon donné, reçu…
           L’éveil du jour.

Nuit de lumière.  

Silence et attente

Vendredi, mars 21st, 2008

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 Samedi saint. Jour de grand silence et de vide, ou d’attente. La vie de Jésus est donnée. Il a expiré, dit-on. L’évangéliste Jean dit qu’il a donné ou transmis le souffle, l’Esprit. C’est pour le croyant une naissance.

Mais la terre durant ce temps, retient son souffle. Sous le poids du mystère, de l’incomparable entre l’immensité de Dieu et elle-même, humanité humble. Et pourtant le geste ultime de Jésus l’engendre à l’éternité, à l’immensité de Dieu.

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Samedi saint. Nous retenons le souffle. Jour de grand silence. Et je  pense à toi Bernadette, qui vécus des jours et des jours si ordinaires.  Mais il y a plus même aujourd’hui qu’un jour ordinaire. Cette retenue du souffle, en attente. Ce vide immense aussi d’une terre où le fils de Dieu n’est plus. Emporté par la violence des hommes. Emporté par l’incompréhension radicale que suscitait la proximité audacieuse qu’il donnait à quiconque, avec Dieu, qu’il appelait Père et nous apprenait à prier. Emporté aussi par l’audace du pardon, qu’il disait en paroles et en gestes. Audace lumineuse… Dieu seul pardonne. Et lui donnait ce pardon, sans mesure, sans compter. Comme on redonne le souffle. Comme on redonne vie. Comme on fait renaître l’espoir.

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Samedi saint. La terre retient son souffle. Pour comprendre. Le temps aussi que la touche le mystère. Mais je pense à toi Bernadette, petite Soubirous qui partait si vite vers la Grotte, comme les femmes au tombeau au petit matin de Pâques. Je pense au jour où tu espérais tant la rencontre d’Aquero, qui devenait pour toi chemin d’une vie étonnante, mais y trouvais parfois seulement le silence de l’absence. Oui, je pense à ces jours de silence, qui furent terribles de doute pour toi. Jours d’assourdissant silence, comme on dit aujourd’hui.

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Je pense à toi en ce samedi Saint, petite Soubirous qui acceptas d’apprendre le pas léger d’Aquero en apprenant comme en musique, le temps de la brise sur le Gave et le temps des silences. Ces jours-là, tu reprenais le chemin de Lourdes et du Cachot le pas lourd et le front songeur. Sûre que ce n’était pourtant pas là le dernier… mot d’Aquero. Je pense à toi aussi en ces jours de Mars, qui attendais d’entendre le nom qu’elle te donna en un jour magnifique si proche. Moïse un jour fit le tour d’un buisson incandescent, dans lequel il devait apprendre, tout oreille et hors du regard, le nom qui désormais traverse la Bible et notre vie comme un mystère. Don du nom…

Bernadette, portés par ton silence et plus encore par ta foi, nous guettons les feux de l’aube. Bernadette Soubirous. Sainte Bernadette…

Une croix

Vendredi, mars 21st, 2008

     

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Vendredi saint. Jour marqué d’une croix.
Tant de jours sont marqués d’une croix.
Celle-ci est source.

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‘Comme un buisson en terre aride’
dit le texte de l’Ecriture parlant du ‘Serviteur souffrant’ 
(Isaïe chapitre 53).

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Terre aride.
Ciel sombre au milieu du jour,
dit encore l’Ecriture,
dans le récit de la Passion et de la mort de Jésus.
Ciel plombé ou vide,
tristesse infinie de la terre.

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Face au don total…

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Sur la croix, la vie est donnée.
Jour le plus grave pour la foi, comme pour chacun,
quand la vie vient à son terme.
Dans la mort de Jésus, la vie est donnée, totalement donnée.
C’est le temps du mystère pour tout homme. 

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Mais que la vie soit donnée évoque aussi le temps d’une naissance.
Dans la mort de Jésus, l’homme renaît, sans autre condition que d’accueillir ce don.
C’est le temps d’une éclosion pour toute vie.

[Les photos en cette semaine sainte, rapprochent Lourdes de Jérusalem. Bien loin de ce que furent les préoccupations de Bernadette. Mais ces lieux où se vécut la Passion demeurent lieux-source…]

Eucharistie

Jeudi, mars 20th, 2008

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Jeudi saint. Le jour où tout est donné… ou reçu. Le jour fondateur du don, de tout don sûrement, puisque le corps de Dieu est donné, livré, pour tous. Le pain est partagé, comme l’agneau, c’est-à-dire brisé pour le partage. La coupe passe de l’un à l’autre. Elle contient le vin des fêtes, et celui aussi des solitudes des hommes, que l’homme-Dieu prend et donne, disant une parole folle : faisant ce geste, on reçoit sa vie qui est donnée.

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Retour sans peine sur Bernadette. Car au temps des Apparitions, elle n’a qu’une idée en tête : ‘faire sa première communion’. L’expression pourrait faire sourire. On attendrait une affirmation théologique forte, de premier ordre… Mais à travers des mots aussi simples, c’est peut-être ce que l’on a. Elle veut recevoir Jésus. Elle pressent et accueille la vie de Dieu comme le mystère fondateur de sa vie, qui suit pourtant des chemins très humbles. Celui du Cachot, le chemin des pauvres.  Mais le nôtre est-il si différent ?

Et ce pain partagé, c’est la vie de Dieu. C’est Pâques entrant par effraction, dans le geste dans lequel tout est donné : ‘pour vous, dit Jésus, et pour la multitude’. Et le cantique d’antan poursuit en ayant tout compris : ‘ma vie, nulle ne la prend, mais c’est moi  qui la donne’. Tout est donné. Absolument tout, quand le pain est rompu comme un blé qui a tout donné de son fruit pour donner la vie.

Le fils de l’Homme a tout dit en mots simples, et tout donné en gestes de bonté, en paroles de pardon, pour la vie des hommes, de tous. Désormais, c’est sa vie même qui est donnée. Elle l’était déjà en fait dans ses paroles et ses gestes ! Des boîteux marchent, des sourds entendent, des coeurs lourds s’allègent, des coeurs brisés reprennent souffle. Le pardon donné à l’infini, a pour prix et pour creuset la vie de Dieu donnée… à hauteur d’homme ! Dans une proximité troublante, si l’on s’y arrête un instant. Et il le faut.

Le Jeudi saint, c’est le temps des hommes en suspens total, sur le don… total de Dieu.

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Bernadette en chemin, a compris quoi de ce mystère ? L’avenir, ce qu’elle a vécu ensuite et jusqu’au silence de Nevers, répond sans ombre et sans hésitation : le tout.

Le pèlerinage que je dirige [11-16 août], Pèlerinage National, qui porte ce nom depuis… 1873, au lendemain tout juste des Apparitions - qu’il ne peut oublier, comme si elles avaient marqué d’une encoche presque immédiate son histoire -, a reçu en cette année de Monseigneur Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes, la mission de contempler ce mystère de l’Eucharistie, l’une des “missions” de l’Eglise et pour l’Eglise, qui se vit éminemment à Lourdes. Une tâche immense. Un présent étonnant… Déjà je vous y invite.

Et en ce jour, je pense à toi Bernadette, petite Soubirous au visage si clair et à la vie burinée, comme l’ont eue beaucoup… et comme l’ont encore tant de gens aujourd’hui. Je pense à toi, qui marchais avec ténacité simplement, au coeur des évènements comme vers Massabielle. Et qui ne cessas de rêver goûter de tout ton être à ce mystère du corps de Dieu, livré pour tous. Aquero te guida si étonamment. Et ce mystère fonda ta vie…

Jeudi saint, si près de Lourdes…

Baptême

Mardi, mars 18th, 2008

Le premier pas de l’année jubilaire, qui est aussi le premier pas du “chemin jubilaire”, important pour tout pèlerin en cette année particulière du 150ème anniversaire des Apparitions de Lourdes, est au lieu du baptême de Bernadette, en l’église paroissiale de Lourdes (cf. photo prise le 7 décembre dernier, à l’ouverture de l’année jubilaire, et les autres en parcourant le chemin jubilaire en janvier).

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Le baptistère ou “fonts baptismaux” - ce mot qui étymologiquement désigne les fontaines et les eaux vives - accueille la vie en son surgissement, et dit la bénédiction de Dieu sur la vie des hommes, ses âpretés, ses combats, la beauté de leurs amours, la vie donnée, l’espérance des enfants, la vie. Le fils de Dieu a pris ces chemins là, qu’il signa au jour du don total, de la rugosité d’une croix. 

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C’est ce signe que l’on reçoit au baptistère, comme un tracé de chemin, une marque, un signe à porter… une identité paradoxale qui laisse apparaître Dieu.

La clarté reçue en ce lieu vient d’ailleurs. Du petit matin de la résurrection, qui nous arrive comme un lever de soleil que nul ne peut prédire et qui embrase l’horizon.

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Ainsi la vie s’embrase-t-elle, sans effort. Car tout cela est donné, et c’est tout. Mais le reste se porte au fil des jours, plus délibérément, comme tout signe ! On n’est pas disciple - c’est-à-dire ’suiveur’ de Jésus - par erreur ou comme on le dit en informatique, par défaut. Mais par choix.

A Lourdes, on commence ainsi par l’humilité d’une église paroissiale, où un jour Bernadette fut plongée pour porter pour toujours le signe de Dieu. Ici, au petit village de Lourdes, une bourgade, une ville, au coeur des Pyrénées.

Toute vie commence par l’humilité. Elle est une marque d’origine, et en fait, impossible à perdre. Sauf par erreur.

Retour à Bernadette

Lundi, mars 17th, 2008

Le 25 mars approche, qui fut un jour important pour Bernadette. Mais en cette année, la marche vers cette date nous entraîne aussi vers le coeur de la foi, en la fête de Pâques. Des jours qui commencent rameaux en mains, en une fête qui gagne peu à peu en gravité, puisqu’est lu en entier le récit de la Passion de Jésus, jusqu’à sa mort et sa mise au tombeau.

Ce chemin conduit ainsi aux eaux du baptême, d’où tout naît, eaux baptismales. Dans ce mystère, la vie est donnée, et conduit aussi au partage du pain de vie, que j’évoquais ici il y a peu…

Retour dès lors à Bernadette, dont le chemin commence en pauvreté et s’illumine dans les eaux baptismales, aux fonts baptismaux très ordinaires de la paroisse de Lourdes, et mènera au partage du pain qu’elle désira de tout son être et qu’elle se prépara à accueillir au fil des Apparitions de la Vierge, qui lui parlait au coeur et traçait le chemin…

Il faudra y revenir. Mais aujourd’hui, je reviens à Bernadette par ces bannières simples, aux couleurs vives ou un brin pastel… vues à Lourdes le 11 février, le jour de La Fête. Je les regarde. Surtout celle où elle apparaît, bras tendus vers le mystère.

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Et je me prends à penser aussi, regardant ces bannières simples… Ainsi les hommes tracent-ils sur la toile une part de ce que leurs coeurs ont entrevu ou reçu… Le mystère pressenti.

Ce ne sont que quelques couleurs, une toile, amoureusement ou minutieusement rassemblées.
Portées en bannière elles entraînent un peuple et le signent, d’une présence discrète.
Mais ils savent en leur coeur que le mystère est au-delà, les accueille. Et ils marchent.
La bannière signe leur être de pèlerins… ensemble pèlerins, en peuple.

Ainsi chacun marche au pas d’un peuple, qui le rassure et le guide,
vers le coeur du mystère, que chacun rencontre de façon unique.

Retour donc à Bernadette, par ces quelques couleurs. En sachant aussi que le mystère est au-delà, nous emporte…

Ciel de Lourdes

Dimanche, mars 16th, 2008

Dome du Rosaire
coupole aux reflets d’or
offrant un ciel marqué de la croix
à la prière infinie
qui monte en ce lieu.

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Coupole d’Azur et de ciel
aux mille facettes
offrant à la prière des hommes un abri
de divine douceur.

Egrener en ce lieu l’infini
le recevoir en présent
le contempler
s’y livrer doucement.

J’aime ce lieu quand s’y glisse le silence
pour n’être que prière
et chant d’une Eglise
immense aussi.