Archive pour le avril, 2008

Prière de pèlerin

Mercredi, avril 30th, 2008

Entendu à Lourdes, et noté, car ce peut être la prière simple du pèlerin : “Que suis-je, Seigneur, sinon ce que je suis avec Toi. Tu es la Voie, la Vérité et la Vie !”

Retour sur… perspective

Mardi, avril 29th, 2008

Retour aujourd’hui sur quelques mots entendus ces derniers jours à Lourdes, le 25 avril. Monseigneur Daucourt, évêque de Nanterre, évoquait devant les jeunes du Frat l’inversion des perspectives que nous vivions durant la célébration de l’onction des malades, c’est-à-dire à la fois de la vérité et de la douceur du ciel, sur la fragilité et la faiblesse. Sur les souffrances aussi, que vivent beaucoup, et dont il parlait avec délicatesse et beaucoup de pudeur. “Ici, disait-il, à Lourdes, c’est le monde à l’envers et l’Evangile à l’endroit“.

Un résumé de l’Evangile en fait, en quelques mots. Pour donner à penser. Et aussi à vivre. Merci de la synthèse… des fois on en a besoin. MERCI !

Signé Benedictus : Benoît XVI !

Lundi, avril 28th, 2008

Je l’ai dit ici : dès l’ouverture du Frat, la fête s’est suspendue un très long instant. Le souffle s’est contenu pendant de longues secondes d’écoute très attentive, pendant la lecture du message du Pape Benoît XVI au Frat 

Une trouvaille ce message. Les 100 ans du Frat le valaient bien, mais les jeunes aussi. Une parole pour eux, rien que pour eux, au cœur de l’événement ! Mais j’ai pensé qu’il était bon qu’ici cette parole fasse contagion aussi, qu’il y en ait pour tous, que nous y goûtions aussi. Car adressée à eux en premier, elle est faite aussi pour essaimer. Alors, ce ne sont que quelques extraits, mais pour donner envie d’en lire plus, et de la relire, d’en faire son miel. Aussi je mets en évidence le lien pour que chacun puisse la trouver et la lire en entier [http://www.frat.org/IMG/pdf/message_du_pape_pour_le_frat.pdf]. De même, je mets aussi le lien général du site du Frat [http://www.frat.org/], pour que chacun puisse goûter aux couleurs, au rythme, à l’image, au bonheur de ces quelques jours. Ils appartiennent à tous, comme une fleur qui a germé et fleuri dans une terre rejoint le passant, que nous sommes aujourd’hui. Le Frat se déguste. Ou plutôt, il est comme la source : il coule en fraicheur et en jouvence. Et quiconque veut, peut y boire et s’y désaltérer en chemin. Le bonheur se partage. Le Frat aussi ! [N’hésitez pas à cliquer, juste pour le bonheur, sur le lien avec la galerie photos du Frat : http://www.flickr.com/photos/fraternel/]

Alors signé Benedictus, oui, Benoît XVI, comme l’ont bien deviné les 10000 du Frat, ces mots, parmi d’autres encore. Benoît XVI écrit, pour les jeunes et un peu pour nous : « Par sa grâce, le Christ vous rend dignes de sa confiance et il désire que vous puissiez réaliser vos rêves les plus nobles et les plus élevés d’authentique bonheur. Ce bonheur est d’abord un don de Dieu […]. Et c’est notre ‘oui’ à Dieu qui fait jaillir la source du vrai bonheur. Ce ‘oui’ libère le moi de tout ce qui l’enferme en lui-même. Il fait entrer la pauvreté de notre vie dans la richesse et la force du projet de Dieu, sans pour autant entraver notre liberté et notre responsabilité  […]. A chacun d’entre vous, le Seigneur a quelque chose de particulier à dire. N’ayez pas peur de l’écouter ! » Se laisser parler de pauvreté, et aussi de bonheur, sur fréquence de silence, et aussi de rencontres vraies. 

Une traînée de lumière

Dimanche, avril 27th, 2008

A la Grotte, ils sont des milliers, venus de partout. Et Lourdes grouille de pèlerins en cette fin d’avril. C’est impressionnant. La photo ci-dessous en témoigne, devant la Grotte, tandis que la basilique Pie X au même moment est à marée montante et même à marée haute…

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Alentour les sommets des montagnes sont enneigés, d’un blanc lumineux. Comme une réplique de ce que le Frat vit aujourd’hui, en ce jour de clôture. Bon pied, bon œil, tous, malgré la fatigue sûrement. Mais on ne peut s’arrêter en si bon chemin. C’est le temps de dire merci, à tant et tant qui ont œuvré deux années pleines pour réaliser ce pèlerinage à la hauteur d’audace à laquelle, comme les autres Frat,  il a été porté. Et, dit l’animateur au micro, nous avons aussi un autre mot – grec ! – pour dire Merci : ‘Eucharistie’. C’est ainsi que l’Eglise porte son merci, son action de grâce, en se laissant devancer par son Seigneur, et en refaisant les gestes du pain et du vin, en se laissant précéder par sa Parole.

Scénario alors connu et chaque fois unique : ces chants qui ‘pulsent’, puis le silence total, pour l’écoute. Et je pense une fois encore : qui donc pourrait m’expliquer – personne, j’espère ! – cette alchimie qui fait que 10000 jeunes peuvent au quart de tour s’engouffrer dans les chants et leurs rythmes, battre des mains et éventuellement siffler (plutôt de sympathie !) et s’arrêter l’instant d’après pour écouter. Ecouter le silence, ou la parole. Entrer en empathie immédiate, et réagir aussitôt quand ce qui est dit en appelle au sens du don, de la vie, du rejet explicite de contre-valeurs. Le Frat c’est cela aussi, beaucoup, comme une marque très forte, une marque propre.

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L’heure est à l’envoi. Et l’homélie du Cardinal Vingt-Trois, revenu de Rome quelques heures spécialement pour ce moment important, part comme une méditation très forte et vive. La voix est assurée, et le Cardinal Vingt-Trois marche de part en part du podium, pour se tourner vers tous. Oui, le chemin du bonheur : pas n’importe lequel ! Et il énumère les tristesses des jours, et éventuellement les soirées arrosées et sans bonheur. Chacun retient son souffle. Ses paroles sont justes. Il va à l’essentiel. Pour dire aussi le bonheur de ceux qui accompagnent ces milliers de jeunes. Applaudissements nourris. Ceux qui prendront leur suite sont parmi vous. Ovation. Ouvrez vos cœur à l’amour, scande-t-il alors avec vigueur. Et il évoque toutes les vocations chrétiennes, qui portent l’humanité à hauteur d’évangile, et redit avec force comme un leit-motiv approuvé par des applaudissements à chaque reprise : ‘Oui, ouvrez votre cœur à l’amour !’

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Au terme de cette eucharistie très forte et dans laquelle, touché au cœur, chacun a pu ressentir le passage de Dieu, le cardinal remercie le P. Thierry Faure, en fin de mandat après trois Frat (c’est-à-dire 6 ans) de ce tonus remarquable. Augustin Deneck lui succède. Les deux sont présents. La passation est simple. L’un et l’autre ne sont que serviteurs. De l’essentiel ! Comme tous ceux qui ont veillé au bonheur de tous, et à la marche dynamique de ces quelques jours d’exception, dans un rythme parfaitement huilé. Et pour eux tous : chapeau !

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 Il n’y a qu’un mot ici aussi, sur ce blog dédié à Lourdes, pour poursuivre le chemin avec autant de beauté, c’est celui que scandent alors à tue-tête les 10000 jeunes présents : ‘Merci !’ La liste de ces mercis serait longue. Ce seul mot les rassemble tous. 

[écrit hier 26 avril 08 – mis en ligne ce 27 avril]

P.S. : La sainteté, chemin de bonheur ! Justement Bernadette (cette statue, à quelques mètres de Pie X) : à quelque chose près, elle avait leur âge. La sainteté est jeune, toujours ! A suivre.

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La fourmilière de Dieu

Samedi, avril 26th, 2008

La ola a repis dans le lointain. Comme c’est bon cette atmosphère de soirs d’été, dans lesquels le bonheur est tangible.

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La journée a encore été dense. Dès l’aurore, des groupes en cheminement alerte, dans le clame et la fraîcheur du matin, poursuivent la découverte. C’est l’heure de la joie calme. Puis des carrefours. Car la ola, le jumbe et les chants marquent les temps forts ou de transition, mais il y a aussi les autres. Dans les ‘carrefours’, carnet en main, on fait le point. On répond à trois ou quatre questions précises, sur les signes d’évangile ou de sainteté observables dans la vie de chaque jour, ses difficultés, ses défis, ses richesses. On sent que par petits groupes, le temps est au partage et à la parole en profondeur, échangée sur le thème, sans faux-fuyant.

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Et tous à bord ! dans le grand vaisseau qu’est la basilique saint Pie X, en coque de béton. Lumières de couleurs, poursuite lumineuse qui accompagne les principaux acteurs. Après les animateurs musicaux et les chants en cadence, avec toujours cette atmosphère de stade de France aux jours de finales, ce sont deux évêques qui viennent. Torches de lumière, chants, et cette irrepressible joie qui scande toute démarche, d’applaudissements et plus si affinité. Manifestement, cette joie ne dépayse pas les évêques de Nanterre, d’Evry, qui entendent bien vibrer dans ce mouvement, le coeur d’une jeunesse qui n’est pas en reste sur la vie… et sur l’Evangile au présent. Onction des malades !

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Deux jeunes posent d’abord plusieurs questions épineuses à Mgr Daucourt, évêque de Nanterre, qui a comme les autres le micro de scène en oreillette et proche du visage. Et il répond sans faux-fuyant non plus aux questions, disant là où la réponse est modeste et humble, quand on parle de la souffrance, mais aussi comment la parole de Jésus et plus encore sa personne, tracent un chemin.

Laurent, tétraplégique après un accident, balance des paroles fortes à une assemblée de 10000 jeunes qui scandent son prénom en reconnaissance. Le propos ne peut pas être plus grave, mais l’écoute est forte. Elle dialogue avec lui. Il dit comment la voiture a basculé et sa vie aussi. Et comment il a fallu tout réapprendre. Et comment en rencontrant les gens aujourd’hui, il en voit qui sont handicapés aussi du bonheur. Ils passent, mais vont droit devant… Lui se dit même épicurien : le chant de l’oiseau, un paysage, un visage… La parole est ferme. Sans détour. Et il a reçu l’onction des malades. Cela lui a fait un choc. Il pensait comme jadis, que c’est le signal du départ pour ailleurs. Mais il a ressenti une paix très vive et douce, et qui dure…

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D’autres sont venus au micro, l’un ou l’autre doucement soutenu par des bras amis. La parole bute un peu : ’Nous aussi on peut recevoir cette onction, qui est la force de Dieu. Et elle peut nous rendre la force…’ Une hésitation. Puis une parole dite avec détermination : ‘Le Frat en est la preuve !’ - ‘Fraternel, enfant de la lumière… heureux de vivre en frères…’ La musique est repartie, pendant que les paroles entendues demeurent.

Des prénoms passent à l’écran. Très vite ils sont scandés ou accompagnés, avec tendresse. 13, 14 jeunes s’avancent pour recevoir ce sacrement. Les évêques leur imposent les mains : ‘j’ai senti que la force de Dieu venait sur moi, me touchait, avec humilité’, disait une jeune fille au regard tendre, dans quelques minutes de vidéo. Elle disait comment elle avait reçu ce sacrement quand elle a senti qu’elle avait besoin d’une autre force que la sienne, qui était insuffisante. Puis l’onction sur les mains : ‘C’est bien ce contact du corps… Et les mains, c’est la force, on s’en sert tous jours…’ poursuit-elle. Chants, bonheur. On sent l’écho intérieur en tous.

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Briefing des témoins. 40 ou 50 personnes qui l’après-midi diront devant des groupes d’importance diverse, comment la sainteté est doucement à hauteur d’homme, pas dans le ciel inatteignable. Ou bien alors, les pieds sur terre et la tête seulement dans le ciel… Carrefours encore, pour que la parole atteigne chacun et que chacun puisse exprimer ce qui se passe pour lui, pour elle, que la parole fasse son chemin.

‘Fraternel ! Heureux de vivre en frères, enfants de la lumière…’ Les rues sont un flot de musique, de couleurs, de bonheur. Mais il est déjà 20h. A nouveau tous à bord ! Décibels assurés. Ola et autres applaudissements en rythme. Et un groupe de lycéens de Clermont-Ferrand réinvente François d’Assise, version comédie musicale… ça décoiffe. 23h00 ! Il reste de l’énergie, je l’ai dit… A suivre donc !

Trame de silence et de pardon

Vendredi, avril 25th, 2008

23h45 ce vendredi. La basilique Pie X vient de se vider, en quelques minutes - chapeau d’ailleurs aux animateurs, qui gèrent le mouvement avec maestria, rigueur et allant -. Chacun repart pour son lieu d’hébergement. Mais peut-on vraiment aller se coucher quand il reste un trop plein de joie et que l’on sait aussi que c’est la dernière nuit à Lourdes ? On entend, même de loin, le jumbe qui continue à donner le rythme à cette nouvelle nuit de bonheur, très étoilée, à Lourdes. Des cris aussi, de bonheur, que l’on n’oserait faire taire puisqu’ils poursuivent ce trop plein de rencontre et de vie. Il y a tellement de jours sans dans la vie ordinaire. Et ici se rechargent les batteries. Et même plus que ça. Ce sont des jours d’expérience fondatrice. Porte ouvert alors, au bonheur !

Hier, j’étais au loin de Lourdes, retenu par d’autres événements. Mais ce matin, je leur ai demandé : la journée d’hier… ? Journée du pardon, célébration, comme toujours marquée de joie intense, de rythmes, de chants, sur lesquels est venue se broder la Parole de Dieu. La Samaritaine et tous les pécheurs de l’Evangile frayaient le chemin sur lequel chacun pouvait s’aventurer, livrant dans une parole personnelle dans le sacrement du pardon, le chemin d’alliance parfois rude ou brisée dans une vie, même de jeune. Et cette parole de pardon guérit, et vient apaiser ou restaurer, on dirait aussi re-tisser la trame du bonheur de Dieu.

Expérience insolite encore dans le soir ou dans la nuit : prière de Taizé. Prière faite de chants, de refrains simples, puis de silence, car les chants peu à peu ont ouvert le chemin à un prière plus intérieure et au silence. 10000 jeunes en silence total pendant plusieurs minutes… Le passage de Dieu !

Des expériences marquantes… A vie, dans la vie de jeunes qui s’exposent ainsi au soleil de Dieu.

Photos fraternelles

Mercredi, avril 23rd, 2008

Oui, les photos, qui attestent de l’ambiance que j’évoquais, fraternelle, très fraternelle… 

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A gauche, le staff d’accueil, infatigable : mission 24h / 24h. Ils ont déjà fait leurs preuves, et entendent poursuivre. Comme la fête d’ailleurs, voir le chapeau (à droite) !

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La Grotte, l’Esplanade, sont une véritable fourmilière, qui chante, qui partage, heureuse… Les couleurs en témoignent !

Et le chemin de la sainteté est celui que chacun trace, sur les traces de Dieu… A Lourdes, il traverse les rues… C’était le chemin simple de Bernadette, qui donne l’idée que le nôtre peut être simple aussi…

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(Photo de la maquette de Lourdes, expliquée avec un brin d’histoire… A suivre aussi, dans tous les sens de l’expression !)

 

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La procession mariale, dans la nuit et la lumière.

 

La foi légère

Mercredi, avril 23rd, 2008

10000 jeunes dans la Cité mariale, ça décoiffe ! C’est cette ambiance assez indicible d’une ville au rythme du bonheur, d’une certaine insouciance, de la foi qui pour être légère n’en est pas moins chevillée à la vie. Et l’on entend dans les rues comme en plein été – après tout, le soleil semble pratiquement revenu, et la pluie oubliée ! – les chants légers comme l’air et qui donnent à Lourdes un air de jouvence. ‘Trois pas en arrière… trois pas su’l côté…’. C’est à ce rythme là que se tissent les amitiés, que se tisse aussi la foi, côté jeune. Et de là où j’écris, j’entends comme si j’étais à côté d’une immense fête des chants et cantiques qui en laissent présager d’autres demain. Répétition. Mais tellement heureuse. Oui, un air de fête.

Et je ne peux m’empêcher de penser que dans 10 ans, 20 ans ou plus, ces moments là reviendront dans des vie d’adultes, comme des moments fondateurs. Comme l’horizon de rêves et aussi du possible, d’une foi engagée et chevillée à la vie. J’aime ce que font ceux qui préparent à longueur d’année ces grands rassemblements. Je les ai croisés. Ils avaient le bonheur au fond des yeux, comme on l’a après une nuit très courte, en ayant réglé de l’impossible encore hier soir très tard. Mais n’est-ce pas cela la foi quand on l’engage pour d’autres, au rythme de ce que l’on peut appeler la mission (mission accomplie !…), l’heureuse annonce de l’Evangile. Pas dans les nuages. A fleur de terre. A hauteur d’homme.

Et ils parlent de sainteté, comme s’ils y étaient nés. Ce qui n’est pas faux. ‘Et toi ton saint patron… et le mien, il…’ Et moi finalement ? La sainteté prend par bouture ou par greffe. Elle circule longtemps en liberté avant de porter une auréole, quand elle a franchi le seuil du visible pour d’autres horizons encore…

Ce matin, dans le grand moment d’accueil, à la basilique Pie X, habillée aux allures de stade de France des grands jours, ils ont vu des diapos d’hier et… d’avant hier (évocation des 100 ans du Frat), mais manifestement sans se tromper de siècle. Et ‘Fraternel’, c’est bien aujourd’hui qu’ils le conjuguent. En témoignent les chants, d’une légèreté infinie. Et le silence profond, absolu, comme quand était lue ce matin le message adressé au Frat par Benoît XVI. Lettre signée : Benedictus. Oui, gagné, Benoît XVI. Cette lettre là, de l’or. Un silence religieux. Quelle parole !… Les chants reprendront tout à l’heure. Et c’est ce qui s’est passé !

Il faudra reparler un autre jour de la prouesse réalisée aussi de ‘dispatcher’ 10000 jeunes en groupes de 10, où ils ont justement parlé de sainteté. Vraiment. Il y en a qui les ont entendus. C’est ça aussi le Frat : plus qu’une ambiance, qui vous passe pourtant par les pores de la peau, la foi partagée. Et le brassage des gens, de ceux qui ne se connaissent pas avant, et qui deviennent amis d’avoir partagé de l’essentiel.

Puis les chants ont repris. Et à l’heure où je dépose ces mots sur la toile pour que vous les ayez, la procession interminable de la lumière se poursuit. Les chants sont jeunes. La flûte dit que cette prière ne saurait être triste. Des voix jeunes portent la prière, des voix de bonheur. Et sur les basiliques, une rosace de lumière qui tourne… qui vous emporte la tête et le coeur vers le ciel.

Merci le Frat ! On continue demain. Et ce soir, le chant se poursuit… Quand il s’arrêtera dans les splendides micros, il continuera ailleurs : dans mon coeur. Dans le vôtre aussi peut-être… Quel bonheur ! Nuit étoilée. Bonne nuit ! 

(A tout de suite pour les photos…)

Jour J : le Frat c’est parti !

Mercredi, avril 23rd, 2008

Météo très moyenne pour ce premier jour du Frat. Mais malgré la pluie, la déferlante  des 10000 jeunes arrivant ce matin en gare de Lourdes a le moral au beau fixe… pour 5 jours. Et le mot d’ordre, déjà évoqué dans ce blog, et auquel on peut s’associer de loin, est sans rature : La sainteté, chemin de bonheur. Et un rappel du millésime particulier de ce Frat : “En route pour les 100 ans”. Comme le Montfortain, des années mais pas de ride !

Alors d’accord, c’est parti. Nous le suivrons pas à pas, et le bonheur donc, chevillé au moral. D’ailleurs, au moment où ces lignes sont jetées sur la toile… le temps gris semble vouloir s’évader. A suivre !

Bénédiction de lumière

Mardi, avril 22nd, 2008

Comme promis, cette belle bénédiction très ancienne, puisée dans une page lumineuse de

la Bible :

« Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il se penche vers toi !  Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix ! » (Livre des Nombres 6, 24-27)  C’est ainsi, dit Dieu à Moïse, que mon nom sera prononcé sur les fils d’Israël, et moi, je les bénirai.

Très belle bénédiction pour le pèlerin. Je la dis aussi pour vous. Et je pense au Frat. Bon vent ! 

Prendre le pas pèlerin

Lundi, avril 21st, 2008

Voici le temps de reprendre la route et les chemins de Lourdes, pour le Frat. Reprendre le pas pèlerin. Et je repense à cette bénédiction irlandaise ancienne, assez directement inspirée de la Bible :

“Que la route s’ouvre à ton approche,

que le vent souffle toujours dans ton dos,

que le soleil inonde et réchauffe ton visage,

et que Dieu te garde dans la paume de ses mains !”

(Bénédiction irlandaise)

Demain, une autre bénédiction, tirée de la Bible, et qui ne finit pas de m’émerveiller.

Il marche, et sa marche ouvre un long sillage…

Dimanche, avril 20th, 2008

De Pâques à Pentecôte, ce n’est qu’un jour, lumineux, qui éveille le cœur et met l’homme en marche. Ces lignes de Christian Bobin, que j’ai souvent relues, et qui ne cessent de me donner à penser…  Je vous les offre. 

« Il marche. Sans arrêt il marche. Il va ici et puis là. Il passe sa vie sur quelque soixante kilomètres de long, trente de large. Et il marche. Sans arrêt. On dirait que le repos lui est interdit. Ce qu’on sait de lui, on le tient d’un livre. Avec l’oreille un peu plus fine, ,nous pourrions nous passer de ce livre et recevoir de ses nouvelles en écoutant le chant des particules de sable, soulevées par ses pieds nus. Rien ne se remet de son passage et son passage n’en finit pas. Ils sont d’abord quatre à écrire sur lui. Ils ont, quand ils écrivent, soixante ans de retard sur l’événement de son passage. Soixante ans au moins. Nous en avons beaucoup plus, deux mille. Tout ce qui peut être dit sur cet homme est en retard sur lui. Il garde une foulée d’avance et sa parole est comme lui, sans cesse en mouvement, sans fin dans le mouvement de tout donner d’elle-même. deux mille ans après, c’est comme soixante. Il vient de passer et les jardins d’Israël frémissent encore de son passage, comme après une bombe, les ondes brûlantes d’un souffle… »   (Extrait de : C. BOBIN, L’homme qui marche, éd. Le temps qu’il fait, 1995, p. 7-9.)

Pèlerins et nomades

Vendredi, avril 18th, 2008

Pour aujourd’hui, juste une pensée, de Théodore Monod, l’infatigable marcheur des déserts : « Je ne peux m’empêcher de penser que la foi est une recherche et qu’elle doit nous mettre en partance, faire de nous des marcheurs. […] Dieu ne se laisse pas toucher facilement. Il faut avoir une âme de nomade pour le trouver… »

Des mots simples, de ceux que trouvent les marcheurs d’essentiel, comme Bernadette sur le chemin de Massabielle… Et comme nous aussi peut-être sur nos chemins.

A tous les nomades ! Bon vent !

Une grande pensée pour…

Mercredi, avril 16th, 2008

 60 ans et pas une ride ! Ou que des rides de bonheur ! Le 60ème pèlerinage Montfortain s’ouvre à la joie du jubilé de Lourdes, et entend en ces jours la vivre et la partager. Son directeur, le Père Pierre Grosperrin, plus qu’un ami, un frère, évoque ce temps du bonheur : “Tout d’abord, ces 5 jours sont un temps privilégié pour s’arrêter, prendre du temps pour soi. A l’image de Dieu qui se repose le 7ème jour de la création, il est bon de s’arrêter et de faire le point. 

Ce temps crée également des échanges. Ce sont ces rencontres, temps forts de prière et de pardon vécus ensemble, qui engendrent une joie authentique pour chacun. Enfin, ce pèlerinage permet à celles et ceux qui sont dans l’épreuve de trouver courage et réconfort pour affronter la tempête avec plus de sérénité.”

Il poursuit, en contemplant ces 60 années : “Quelle addition d’Ave, de regards de Foi, de gestes de réconfort ! Quelle somme d’amitié partagée, d’espérance retrouvée ! Le gâteau d’anniversaire ‘An de grâce 2008′ n’en a pas fini d’être découpé en d’innombrables tranches où chacun puisera sa part de joie. Pain de joie et pain d’amour pour que tous puissent vraiment ‘jubiler’ !”

Et c’est encore lui qui parle : “Nous, Montfortains, nous aurons la joie de rejoindre dans une même prière la foule accourue à l’invitation de l’Immaculée, depuis un siècle et demi et les 60 ‘pélés’ qui ont conduit sur les rives du Gave, chaque printemps, tant de frères et soeurs souffrants et tant de serviteurs et servantes bénévoles !”

Lourdes qui repend vie dans le printemps, c’est tout ça. Je le pensais bien : quand des pèlerins partent ainsi, ils emportent dans leurs bagages, dans leur coeur, la foule des autres, comme nous, qui sommes à distance, et pourtant qui y sommes en pensée.

Eh bien ! Puisque “le gâteau d’anniversaire n’a pas fini d’être partagé en d’innombrables tranches où chacun puisera sa part de joie”, c’est d’accord pour la tranche de bonheur.

Merci…

En fraternelle communion.

Frat : J-13

Mercredi, avril 9th, 2008

Ils seront près de 8000 à partir à Lourdes, en venant de partout, ce dimanche 13 avril , avec le Pèlerinage Montfortain [http://www.pelerinage-montfortain-hospitalite.org/], jusqu’au samedi 19 avril. Pèlerinage jubilaire, portes ouvertes plus larges : pour la fraternité, pour la prière, pour la foi, pour la joie. Et eux, c’est un peu nous. Tout pèlerin qui part en emporte d’autres dans son sillage intérieur. Alors par la pensée, nous partons un peu avec eux. D’ailleurs l’amitié nous lie. Bon vent !

Et une mégapensée aussi pour le “Frat” ou “Fraternel” [c’est son nom ! http://www.frat.org/] qui affiche la couleur à J-13 : “Le Frat, c’est parti ! la Sainteté, chemin de bonheur… en route pour les 100 ans !” Ils fêtent leurs 100 ans, mais on ne leur donnerait pas. Un pèlerinage d’une étonnante jeunesse et qui décoiffe ! Il y a deux ans, je les ai suivis, pas incognito du tout, mais comme une petite souris quand même. Dans 13 jours, je récidive : quel bonheur ! quelle joie ! Le sérieux et la fête, la foi, le chant, la rencontre. 11000 jeunes venant de toute l’Ile de France, et plus de 2000 animateurs. Nous travaillons volontiers ensemble dans l’année. Une litanie de prénoms comme un éclat de rire, qui donne la note d’une joie profonde. Et ils déclinent leur thème avec bonheur, à tous points de vue : “La Sainteté, chemin de bonheur… Heureux es-tu ! A toi le bonheur !” [http://www.frat.org/spip.php?article85]

Montfortain, Frat… et les autres ! Même raisonnement : quand quelques uns partent et se mettent en route en pèlerins, c’est aussi un peu nous. C’est tous ceux qui veulent intérieurement partir ainsi… Ils nous emmènent. Oui, c’est le temps d’un départ intérieur.

Dans 2 ou 3 semaines ou juste un peu plus, les éditions Bayard publieront “Nomades : le Petit livre du marcheur et du pèlerin”. Un petit livre que j’ai aimé écrire, justement, pour continuer à penser à tous ceux qui partent ainsi sur les chemins, et en emportent bien d’autres dans leur sillage, pour “en-visager” Dieu selon le mot d’Emmanuel Lévinas, déjà cité dans ce blog. En-visager Dieu comme un projet, et comme un visage.

Oui, bon vent !