Vérifier l’invisible
Pâques est si tôt cette année ! Comment imaginer qu’il y a 150 ans, le 6 avril 1858 est le mardi de Pâques, encore récent en notre pensée, mais nous avons passé ce cap. Et ce 6 avril 1858, quelques unes, dans l’entourage de Bernadette, pressentent le mouvement spirituel qui se vit en elle. N’est-elle pas allée se confesser ? En tout cas le 7 avril, avant même l’aube, Bernadette a déjà dévalé le chemin qui la mène à la Grotte. Et le temps une fois encore s’est arrêté, dans le regard, dans le coeur de Bernadette. Elle prie, tandis qu’alentour ils sont des centaines et même rapidement plus encore. Ces choses là se disent très vite. Et elles mettent en mouvement aussi, à la suite de Bernadette ou presque en même temps qu’elle, une foule, qui adopte volontiers la même attitude qu’elle. Une sorte de disponibilité au ciel que beaucoup apprennent par osmose, disponibles à l’inespéré, à l’invisible.
Elle est, dit-on, en extase. Le mot est vaste, il effraierait ! Peut-être peut-on traduire. Elle est… tout entière à la rencontre qu’elle vit, et le monde à l’entour se reconfigure sur cet unique, qui reproportionne tout. Sauf peut-être un instant la silhouette imposante et portant chapeau du Docteur Dozous, qui arrive essoufflé comme pour une urgence médicale. Et semble-t-il pour lui, il y en a une, d’utilité publique ! “Je ne viens pas en ennemi, mais au nom de la science, affirme-t-il à ceux qui lui enjoignent d’enlever au moins son chapeau ! Je suis seul à pouvoir vérifier le phénomène religieux qui s’accomplit ici.” On sourirait d’une telle affirmation. Mais puisqu’il est là…
Puisqu’il est là, il va… à l’essentiel. Bernadette a apporté avec elle un grand cierge, qu’elle a posé par terre dans sa prière, et dont elle protège la flamme, de ses mains. Mais tandis qu’elle est tout entière à ce qu’elle vit et à la Rencontre, la flamme devrait depuis un moment la brûler… Mais elle est beaucoup trop affairée à cette Rencontre qui la bouleverse. Et Dozous observe qu’elle n’en est pas brûlée du tout. Il tient la preuve du “phénomène religieux”. Tant mieux ! Mais nous la tenons depuis… un moment par ailleurs. Par cette foule qui ne discontinue pas et s’associe au mystère. Par ces coeurs qui se laissent aimanter par le même mouvement et qui prient, qui regardent le ciel et lui parlent. Qui acceptent doucement la contagion de la Rencontre que vit Bernadette.
Ecrivant ces lignes, j’ai conscience qu’aujourd’hui il en est de même, et que les foules immenses qui viennent à Lourdes en un flux presque ininterrompu, entrent dans le même mouvement de cette douceur du ciel.
7 Avril 1858. Dix-septième apparition ! Qui se douterait que c’est… l’avant dernière. La dernière aura lieu le 16 juillet. Mais nous nous retrouverons avant, car Bernadette poursuit son chemin, qui la mènera le 3 juin à sa première communion, c’est-à-dire encore plus près du mystère le plus profond dont témoignent les Apparitions.
Et Lourdes poursuit aussi le chemin du pèlerinage. Je pense au pèlerinage Montfortain, qui est à la veille de son départ pour Lourdes, avec sept à huit mille pèlerins venus de partout. Je pense au “Frat”, le pèlerinage “Fraternel”, qui a 100 ans cette année et amène comme toujours ses dix ou onze mille jeunes lycéens de l’Ile de France, pour un pélé qui décoiffe. Je pense au pèlerinage militaire international, tout juste un mois après… Les occasions seront multiples de se retrouver ici, à un rythme… au gré des évènements, et aussi en photos. En attendant, bon vent à tous !
06/04/2008


12/04/2008 à 20:53
Un jour j’irai à Lourdes. Quand ? je ne sais pas…Dijon-Lourdes ça ne doit pas être bien compliqué…j’atteinds déjà 42 ans… mais avec 5 enfants de 16 à 7 ans pas facile de s’échapper quelques jours même avec un mari aussi débrouillard !
je n’ai jamais oublié Jacques et le Père Arthur à Arcueil (si je ne me trompe pas de lieu c’est si loin…) mais cette rencontre a laissé des traces dans ma foi.