10000 jeunes dans la Cité mariale, ça décoiffe ! C’est cette ambiance assez indicible d’une ville au rythme du bonheur, d’une certaine insouciance, de la foi qui pour être légère n’en est pas moins chevillée à la vie. Et l’on entend dans les rues comme en plein été – après tout, le soleil semble pratiquement revenu, et la pluie oubliée ! – les chants légers comme l’air et qui donnent à Lourdes un air de jouvence. ‘Trois pas en arrière… trois pas su’l côté…’. C’est à ce rythme là que se tissent les amitiés, que se tisse aussi la foi, côté jeune. Et de là où j’écris, j’entends comme si j’étais à côté d’une immense fête des chants et cantiques qui en laissent présager d’autres demain. Répétition. Mais tellement heureuse. Oui, un air de fête.
Et je ne peux m’empêcher de penser que dans 10 ans, 20 ans ou plus, ces moments là reviendront dans des vie d’adultes, comme des moments fondateurs. Comme l’horizon de rêves et aussi du possible, d’une foi engagée et chevillée à la vie. J’aime ce que font ceux qui préparent à longueur d’année ces grands rassemblements. Je les ai croisés. Ils avaient le bonheur au fond des yeux, comme on l’a après une nuit très courte, en ayant réglé de l’impossible encore hier soir très tard. Mais n’est-ce pas cela la foi quand on l’engage pour d’autres, au rythme de ce que l’on peut appeler la mission (mission accomplie !…), l’heureuse annonce de l’Evangile. Pas dans les nuages. A fleur de terre. A hauteur d’homme.
Et ils parlent de sainteté, comme s’ils y étaient nés. Ce qui n’est pas faux. ‘Et toi ton saint patron… et le mien, il…’ Et moi finalement ? La sainteté prend par bouture ou par greffe. Elle circule longtemps en liberté avant de porter une auréole, quand elle a franchi le seuil du visible pour d’autres horizons encore…
Ce matin, dans le grand moment d’accueil, à la basilique Pie X, habillée aux allures de stade de France des grands jours, ils ont vu des diapos d’hier et… d’avant hier (évocation des 100 ans du Frat), mais manifestement sans se tromper de siècle. Et ‘Fraternel’, c’est bien aujourd’hui qu’ils le conjuguent. En témoignent les chants, d’une légèreté infinie. Et le silence profond, absolu, comme quand était lue ce matin le message adressé au Frat par Benoît XVI. Lettre signée : Benedictus. Oui, gagné, Benoît XVI. Cette lettre là, de l’or. Un silence religieux. Quelle parole !… Les chants reprendront tout à l’heure. Et c’est ce qui s’est passé !
Il faudra reparler un autre jour de la prouesse réalisée aussi de ‘dispatcher’ 10000 jeunes en groupes de 10, où ils ont justement parlé de sainteté. Vraiment. Il y en a qui les ont entendus. C’est ça aussi le Frat : plus qu’une ambiance, qui vous passe pourtant par les pores de la peau, la foi partagée. Et le brassage des gens, de ceux qui ne se connaissent pas avant, et qui deviennent amis d’avoir partagé de l’essentiel.
Puis les chants ont repris. Et à l’heure où je dépose ces mots sur la toile pour que vous les ayez, la procession interminable de la lumière se poursuit. Les chants sont jeunes. La flûte dit que cette prière ne saurait être triste. Des voix jeunes portent la prière, des voix de bonheur. Et sur les basiliques, une rosace de lumière qui tourne… qui vous emporte la tête et le coeur vers le ciel.
Merci le Frat ! On continue demain. Et ce soir, le chant se poursuit… Quand il s’arrêtera dans les splendides micros, il continuera ailleurs : dans mon coeur. Dans le vôtre aussi peut-être… Quel bonheur ! Nuit étoilée. Bonne nuit !
(A tout de suite pour les photos…)