Archive pour le juillet, 2008

Emmaüs

Mercredi, juillet 30th, 2008

Durant les quelques jours du Pèlerinage à venir, du 11 au 16 août, entraîné par mes tâches de directeur, je ne pourrai venir mettre sur la toile comme je l’aimerais, échos, photos, comme j’ai aimé le faire durant le pèlerinage Montfortain, le Frat, le Pèlerinage militaire international et à d’autres moments importants de cette année jubilaire. En effet, chaque pèlerinage a une physionomie et porte des reflets différents de ciel, de prière, de vie.

Nous suivrons les pas des disciples d’Emmaüs. Ceux de Bernadette s’inscrivent en filigrane des leurs, et réciproquement, découverte du Ressuscité présent et qui nous précède en chemin, nous partage les Ecritures et rompt le pain dans lequel il se donne. Tout le parcours jubilaire proposé à Lourdes en cette année (voir ce blog à la fin janvier et depuis à plusieurs reprises) conduit du baptême de Bernadette, et donc de l’église paroissiale de Lourdes, à cette présence du Ressuscité, accueillie dans l’Eucharistie. Le Cachot noir et triste où vécut Bernadette, la grotte où Marie lui parlait, sont pris tout entier dans cette lumière et cette présence.

Relais

C’est une journaliste de Pèlerin, responsable de la rubrique religieuse de Pèlerin, qui a accepté de prendre ici un relais durant ces quelques jours, pour que de loin et même parfois de très loin, vous puissiez vivre comme à proximité ce temps du Pèlerinage National. Je l’en remercie et vous souhaite le bonheur sur ce chemin pèlerin. 

Ingrid à Lourdes

Dimanche, juillet 27th, 2008

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Cette photo me parvient : Ingrid Bétancourt venue se recueillir à Lourdes, rendre grâces et prier, en cette mi-juillet, entourée des Religieuses de l’Assomption – de la grande famille de l’Assomption, qui anime le Pèlerinage National à Lourdes, celui auquel j’appartiens et auquel je me dédie activement –. Ingrid Bétancourt tenait à la présence des Religieuses de l’Assomption, car leur a-t-elle dit, sans l’éducation qu’elles lui ont donnée quand elle était toute jeune encore, elle ne serait pas revenue de la jungle. Le feu de l’espérance, la force d’âme, appris et reçus dans sa famille, elle les a aussi cueillis dans cette éducation.

Dès sa venue en France, nous l’avons invitée à Lourdes pour le Pèlerinage National (11-16 août). Elle y serait un peu en famille si l’on veut. Mais de façon beaucoup plus profonde, ce qu’elle a dit sur le pardon, plus fort ou plus grand que la haine, sur la résistance tenace à la haine qui enlaidit (je pense ici à la très belle interview qu’elle a accordée à Pèlerin le 5 juillet, et à quelques autres), élargirait infiniment notre prière.

Le Pèlerinage National est en charge de la Prière pour la France le 15 août à Lourdes, selon le vœu de Louis XIII, vouant la France à la Vierge. Cette prière, en cette année jubilaire, prendra des dimensions très larges, avec en particulier la présence de pèlerins venant nous rejoindre de près de 20 pays, de l’Asie à l’Afrique et aux Amériques. Une telle prière pour la France et le monde prend alors une dimension exceptionnelle, comme un grand souffle d’Evangile, au pied de Massabielle. La vocation de Bernadette n’est-elle pas à cette dimension ?

Ingrid Bétancourt a tant à vivre, dans sa liberté rendue, à vivre avec sa famille, privée d’elle et dont elle a été privée tellement longtemps. Pourtant si elle venait… En tout cas, cette photo ouvre le chemin, d’une prière d’immense action de grâces, de supplication, d’appel au pardon. Une prière aux dimensions du monde, et de tous ceux qui à travers le monde attendent que s’ouvre le ciel. De près, de loin, vous y êtes.

Gardez dans le cœur ou déposez ici vos intentions. Je les emporte avec moi.

Le chant des montagnes

Dimanche, juillet 27th, 2008

25 juillet – St Jacques Le Majeur, qui est aussi connu, par tant de femmes et d’hommes, comme St Jacques de Compostelle, patron et guide de tant de pèlerins.

Durant ces quelques jours, j’ai laissé ce blog, semblant m’éloigner de Lourdes. Apparemment seulement. Dans la dernière ligne droite soutenue de la préparation du pèlerinage – Pèlerinage National – qui aura lieu à la mi août (11-16 août), je suis allé reprendre souffle et un peu de silence, un peu de hauteur aussi et de prière, en des montagnes qui me furent, me sont accueillantes depuis longtemps. Par rapport à Lourdes, ce sont d’autres montagnes, puisque ce sont les Alpes et la Haute-Savoie, non loin du Léman, de la Suisse, dans le val d’Abondance, qui porte presque un nom biblique. C’est donc une autre montagne. Mais les montagnes se parlent entre elles.

Et il est vrai que d’ici je rejoins souvent Lourdes en pensée : en pensées de préparatifs, et téléphone et internet complètent la proximité, en pensée de mystère, de prière, de proximité avec la Grotte, avec Bernadette, avec le message, avec ce temps jubilaire, qui selon la grande tradition biblique, réinitialise le temps de l’homme en lui conférant comme à nouveau la marque de Dieu, encoche de Dieu dans le temps de l’homme.

 

Temps ordinaire

Jeudi, juillet 17th, 2008

C’était hier. Je n’ai rien écrit sur ce blog. Qu’écrire de plus ? Mais j’y pensais intensément. Ce 150ème anniversaire tout juste, du jour où Bernadette vit pour la dernière fois de ses yeux ce que son coeur garda toujours : le visage de celle que longtemps elle appela Aquero, de ce “ça” qui dit l’étonnement absolu, l’altérité, et laisse… sans mot. Puis qu’elle appela d’autre nom ou d’autre manière, entrant en connaissance et découvrant ce qu’elle pressentait et que le 25 mars 1858 Aquero lui dit : l’Immaculée Conception…

Bernadette parla avec le ciel… et l’écouta intensément. Et elle marcha, les pieds solidement sur terre, mais le coeur touché par l’au-delà des yeux, le coeur du mystère.

Et désormais, temps ordinaire, comme on le dit dans la liturgie quand ayant célébré avec intensité un mystère, on en vit… chaque jour. Temps ordinaire pour Bernadette, temps ordinaire parfois lumineux, souvent gris aussi. C’est ce temps là qu’elle vécut en essayant d’aimer, à la manière de ce qu’elle avait compris dans sa famille d’abord, comme on le fait dans une famille de pauvres trempée dans la foi, puis dans les Apparitions où le ciel épelait en elle sa beauté pour toujours.

C’est ce que je vous souhaite aussi dans vos temps ordinaires. Je le souhaite à mes temps ordinaires aussi. Et à tous. Le travail et la beauté de la foi.

La foi

Mardi, juillet 15th, 2008

 «La foi consiste à ne jamais renier dans les ténèbres ce qu’on a entrevu dans la lumière.» Cette citation de Gustave Thibon aujourd’hui, en pensant à ce 16 juillet 1858 - en pensant à demain - où Bernadette fit la dernière rencontre de Marie dans la vision et la rencontre, sous la forme bienheureuse des apparitions. Ensuite, il lui faudrait marcher - continuer à marcher - quelles que soient les intempéries d’un chemin fait parfois dans l’obscurité. Mais ce qu’elle avait vécu à Massabielle était désormais en elle. Et Bernadette marche sans se retourner. On s’en étonne autour d’elle. Bernadette va. Elle marche. Pèlerine de l’essentiel.

Le pèlerin de Lourdes apprend lui aussi, en fait, cette marche.

14 juillet

Samedi, juillet 12th, 2008

14 juillet et défilés, ouverture méditerranéenne. Présence discrète annoncée d’Ingrid Bétancourt, qui a expliqué en mots très simples l’autre registre sur lequel elle se trouvait désormais, au terme d’un long chemin intérieur sur les chemins de jungle.

Ils sont précieux les moments où l’on se refait une conscience commune. Et cette conscience a besoin de profondeur, on le pressent, on le sait. Comme l’eau des puits est fraîche et limpide et forte en profondeur. Chemins de puits, chemins de source ! Ils sont précieux les femmes et les hommes qui laissent pressentir les chemins de source.

C’est aussi ça que l’on fête.

11 juillet : saint Benoît

Vendredi, juillet 11th, 2008

Patron de l’Europe, mais aussi, d’abord fondateur. Et tout d’abord moine, solitaire, avec d’autres frères. Et l’on se souvient de sa Règle de vie qui commence - utilement !  - par : “Ecoute, mon fils… ”

Oui, le temps de l’écoute : de la Parole, des paroles, de ce que disent les hommes, de ce que dit Dieu. Ecoute sans fatigue de la Parole qui vient de Lui et nourrit, construit, guide, émonde. Du temps de Bernadette, on lisait peu cette Parole. Ce n’était pas encore le temps peut-être… Hélas ! Mais aujourd’hui on y revient, et on la goûte. On l’étudie aussi. On aimerait qu’elle devienne nourriture solide, et cap et repère. Benoît XVI (dont c’est la fête en cette St Benoît) prépare un synode sur la Parole de Dieu, une assemblée d’évêques venant du monde entier pour s’atteler à la question. Quel bonheur qu’elle soit ainsi ou revienne peut-être, au centre.

J’entends en écho cette hymne propre à la fête de Saint Benoît et toute en grâce. Entendue un jour, dans un monastère trappiste blotti dans la montagne, elle m’est revenu souvent, comme un chemin d’essentiel. Je vous l’offre comme une méditation infinie, comme une prière, comme une note de musique discrète, mais à la sonorité très longue :

Vivre à Dieu seul
E
t se tenir en sa présence,
Tout quitter pour atteindre la paix,
Choisir le silence
Pour saisir la Parole,
Pour être ce disciple aux aguets
D’un mot, d’un ordre.

Fuir au désert
Mais rassembler dans la louange,
Consentir à toujours commencer,
Traduire en patience
Le désir du Royaume ;
Pouvoir être trahi sans cesser
De croire aux hommes.

Voir l’univers
A sa mesure véritable,
L’univers comme un point lumineux,
Léger grain de sable
Que l’Amour transfigure ;
Savoir que toute chose est en Dieu
Précieuse et pure.

Craindre sans peur
Dans l’abandon de tout son être,
N’avoir rien de plus cher que le Christ,
Servir le seul Maître
Dont le joug rende libre :
Ainsi dans la douceur de l’Esprit,
Benoît se livre.

Sommes-nous si loin de ce que dit cette hymne ? Je n’en suis pas sûr. Et pourtant…

Le temps des jours

Jeudi, juillet 10th, 2008

Regard ou retour, pour mieux regarder et comprendre. Il y a 150 ans… Juillet 1858. Bernadette sait-elle, comprend-elle, a-t-elle l’intuititon que dans quelques jours elle viendra encore à Massabielle pour la rencontre, mais que ce sera la dernière ‘apparition’ ?

La pensée glisse alors doucement intérieurement sur une méditation qui touche chacun chaque jour. Ce qui est donné, pleinement donné (l’inverse n’est pas imaginable, surtout s’agissant de Dieu), oui, ce qui est donné par Dieu pourrait-il manquer en chemin ? Bernadette semble bien répondre, de tout son être, de tous ses gestes tranquilles, que non. D’une certaine manière, elle vit le temps de la manne, le temps du pain donné, du pain de Dieu donné sans retour pour le chemin.

Sur ce blog, j’ai insisté souvent sur l’importance qu’eut pour Bernadette sa ‘première communion’ - sa théologie était simple, mais sa compréhension solide -. Oui, cet événement la situait là, du côté de l’essentiel. Cela ne reléguait pas les Apparitons de la Vierge à un second plan. Elles demeurèrent sa lumière intérieure et furent sa clarté, son accès au coeur du mystère. Bernadette refusa de choisir entre les Apparitions qu’elle reçut comme le don du ciel, et l’Eucharistie qu’elle reçut, au terme d’un long désir. Bonheur total de part et d’autre. Nourriture d’un chemin souvent rude comme bien des nôtres.

Ainsi Bernadette vivait le temps de la manne, le temps des jours vécus sous le signe du don de Dieu. Redécouverte du ‘Notre Père’ qui parle de ce pain là, pain de plénitude, présence totale de Dieu. Le 16 juillet aura lieu pour Bernadette la dernière apparition. Tristesse sûrement en son coeur. Et marche simple en avant, sans trêve ni sans hésitation intérieure. Sous le signe du pain reçu, devenu son signe.

Humble

Dimanche, juillet 6th, 2008

L’Ecriture aujourd’hui parle du messie humble, monté sur un ânon, entrevu par le prophète Zacharie il y a longtemps. Des paroles et gestes repris par Jésus : en actes. Le peuple qui lui appartient porte ce signe de l’humilité. Bernadette le porta éminemment, dans un merveilleuse clarté.

Plus loin

Samedi, juillet 5th, 2008

Jeudi, 3 juillet, j’évoquais le départ de Bayard de la rue Bayard, son site historique. Départ. Et j’évoquais la coïncidence avec cette date, de la présentation de mon petit livre ‘Nomades : le petit livre du marcheur et du pèlerin’, à la fois dans La Croix et Pèlerin, les deux titres historiques du groupe. Belle coïncidence. Mais l’ensemble de ces événements était comme éclairé par une actualité forte, autour d’Ingrid Bétancourt, dont la présence dans les médias est à la fois simple et lumineuse. Elle parle de façon étonnante et simple de la vie, du pardon qui fait vivre ou… survivre dans la jungle, dans tous les sens du terme,  et de Dieu qui veille et surprend. Dieu de la résurrection ou du ‘miracle’, qu’elle évoque avec tant de délicatesse et de reconnaissance.

Hier 4 juillet, marquait pour Lourdes un autre anniversaire, discret, qui ne revient à la mémoire que lorsque l’on jette un discret regard sur  l’histoire, comme le fait François Vayne dans son blog [ http://www.lourdes-2008.com/blog/fr/?cat=4 ]. C’est le 4 juillet 1866 que Bernadette a quitté Lourdes, ‘désirant vivre libre avec Dieu’. Les récits d’époque disent qu’elle portait une robe bleue, un cadeau qu’elle avait dû accepter, malgré elle. Et, dit le P. laurentin, ‘ce qu’elle emporte tient dans un sac en grosse toile bariolé de rayures verticales arc-en-ciel’. 

Elle emportait la Grotte dans le coeur. Plus que cela : la présence qui ne la quitterait jamais. Ainsi voyage le pèlerin, qu’elle incarne de façon radicale et lumineuse, en laissant s’estomper la trace de ses pas sur le chemin, pour que l’on ne voie que l’essentiel.

Mouvement

Jeudi, juillet 3rd, 2008

Ce soir immensité d’une histoire longue de 135 années et qui tourne une page. Bayard, entreprise de presse catholique, fondée au 19ème siècle, quitte son site historique du coeur de Paris, pour franchir le périphérique et s’établir à Montrouge. Très proche banlieue, aux portes de Paris, à la porte d’Orléans, l’une de celles qui regardent vers Lourdes si l’on veut.

Le lien entre cet événement et Lourdes ? Il y en a deux ou peut-être trois.

C’est à la suite du premier Pèlerinage National à Lourdes, en 1873, que les Assomptionnistes fondèrent, la même année, le magazine ‘Pèlerin’, qui devint ensuite au tournant du sicèle ‘Le Pèlerin du vingtième siècle’, puis Pèlerin Magazine et simplement ‘Pèlerin’ (et c’est Pèlerin.info qui abrite ce blog, nouvelle étape de la communication, sur le web).

Ainsi cette aventure est partie de Lourdes, ou est née à la faveur de Lourdes. Puis elle se développa avec La Croix, puis de mille autres titres. Porter la passion de Dieu au coeur et au rythme des évènements. 

Et l’autre point commun, c’est qu’un déménagement met en route. Coïncidence peut-être ? La Croix aujourd’hui en pages livres et Pèlerin dans son édition d’aujourd’hui, rendent compte du petit livre que j’ai aimé écrire (et un peu présenté ici) : ‘Nomades, le petit livre du marcheur et du… pèlerin’. Nomades, justement. Transhumants de Dieu. Sur la terre des hommes. Signe discret que cette signature de l’évènement sous cette forme : dans les pages de ces deux grands titres historiques, un filigrane : Nomades !

135 années d’histoire de passion, celle de l’évangile, celle des hommes. En ce soir, avec vous aussi, si vous le souhaitez, je rends grâces. 

Libre

Mercredi, juillet 2nd, 2008

Ce soir on reçoit cette nouvelle attendue depuis tant de temps : la libération d’Ingrid Bétancourt. C’est une joie immense pour tous. Les étoiles brillent de couleur plus vive en cette nuit. Immense beauté du ciel. Et de l’espérance.

Chant des étoiles. Et chant discret de la prière. Comme un immense merci.