12 août : ils sont tous là !
En ces jours olympiques, je reprends volontiers le flambeau transmis par le P.Jacques Nieuviarts, désormais très accaparé par ses tâches de directeur du Pélerinage National. Sous le ciel changeant de Lourdes ce matin, il est émouvant de voir affluer par milliers les pèlerins (15000 sont attendus en cette année jubilaire) vers la basilique du Rosaire. Sur l’esplanade, point névralgique du sanctuaire, voici les enfants du “Pélé Soleil” (8-14 ans), emmenés par leur animateurs en chemise jaune, qui croisent une délégation bannière au vent, venue d’Allemagne. Plus loin, des religieuses japonaises originaires de Nagasaki s’arrêtent pour laisser passer une longue file de malades en chaises roulantes, acheminés depuis l’Accueil Saint Frai par de jeunes brancardiers. Le mouvement est incessant et paisible à la fois, à l’image du Gave qui roule une eau aux reflets tantôt gris, tantôt vert profond. C’est vers la grotte toute proche qui surplombe la rivière que tous, ici, sont venus se ressourcer. Déjà, la messe de 9h30 unit dans une même prière la foule en marche vers Marie. Dans le secret des coeurs, le pélerinage a bel et bien commencé.
Adoration
Cette année, le thème confié par Mgr Jacques Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes, au Pèlerinage National -l’Eucharistie- donne une intensité particulière à la traditionnelle procession eucharistique. Dans la basilique souterraine Saint-Pie X, le latin, l’italien, l’anglais, l’espagnol… s’entrecroisent et attestent du désir d’unité qui réunit, en cet endroit, tant de croyants de tant de nations différentes. Le silence lui, se passe de traduction, permettant à chacun de se recueillir au moment de l’exposition de l’ostensoir. Au cœur de l’agitation du pèlerinage, quel beau cadeau que ce silence qui dure…
Un écrivain inspiré
Le silence, justement, est un compagnon précieux pour Alina Reyes, qui nous a fait l’amitié, ce soir, de venir nous parler de sa rencontre avec Bernadette. Surtout connue pour ses oeuvres érotiques, élevée dans un milieu athée, comment a-t-elle pu si bien, dans le roman qu’elle vient de publier (1), s’imprégner de l’esprit de Lourdes ? « Il y a quelques années, alors que je traversais une période très douloureuse, je suis venue passer, seule, trois semaines au bord du Gave », raconte en toute simplicité celle qui avoue s’être toujours sentie « mystique ». Conquise, Alina Reyes découvre à cette occasion « une ville kitsch, mais où il se passait quelque chose. » Séduite par le « courage » de Bernadette, elle épluche les documents consacrés à la jeune bergère. Mais surtout, elle s’imprègne du lieu, observant de longues heures la grotte en silence. Notre époque gavée d’images n’a plus « l’occasion d’accueillir l’invisible », regrette-t-elle, tout en plaidant pour une spiritualité qui fasse davantage de place à l’expérience sensible. « Je suis sûre que Dieu est en dialogue avec nous. Je l’aime et je crois ce qu’Il me dit » conclut Alina Reyes. Dans la salle, un ange passe, étonné et ravi. Vous aviez dit écrivain sulfureux ?
(1) La Jeune fille et la Vierge, Ed. Bayard
Nuit de feu
Petit à petit, les sanctuaires plongent dans l’obscurité. La pluie a cessé, une brise tiède réchauffe les pèlerins qui continuent de se presser le long du Gave. Devant la grotte, le buisson des cierges semble une pyramide de feu. Juste à côté, dans les brûloirs, des centaines de flammes continuent de porter les intentions confiées au fil des heures. « Le Seigneur me réserve un lieu sûr au jour du malheur » (Ps 26) se réjouissait ce matin le psalmiste dans la liturgie du jour. Ce soir, la nuit toute entière est prière, et la grotte le plus sûr des abris.
Maryvonne Buss
12/08/2008


13/08/2008 à 11:16
Le site pelerinage.national.org indique qu’on peut suivre le pélerinage “en direct” par internet, mais comment?