L’automne ni la pluie ne retiennent le pèlerin de venir reprendre le chemin qui mène sur les pas de Bernadette, à travers la ville où il est venu se ressourcer aux eaux vives, sur le « chemin jubilaire ».
L’église paroissiale où Bernadette fut baptisée
Oui, c’est là que commence le chemin, au lieu où elle vint souvent, très souvent, aux sources de sa foi, aux sources aussi du baptême qu’elle reçut tandis qu’elle avait tout juste deux jours, oui le baptême, ce complément infini de la naissance et de la vie que lui avaient données François Soubirous et Louise Castérot, ses parents, dans un immense amour. Et cet amour l’accompagna toujours, car jamais ils ne le perdirent, surtout au jour où pour eux tout partit en bourrasque.
Chacun refait ici le signe de la croix du Christ, dont il se laisse marquer, comme au jour du baptême. L’ont-ils tous reçu le baptême, ceux qui viennent ici se « signer » ainsi ? Peut-être non. Peut-être est-ce un début du chemin. Revenir là, sur le lieu de la fontaine baptismale, c’est toujours un début du chemin, un [re]commencement…

Au cachot, où Bernadette vécut avec sa famille, au temps du malheur total…
…et pourtant chaque jour le cousin, propriétaire des lieux et qui vivait au-dessus, entendait la famille Soubirous prier. Et pourtant aussi, François Soubirous était honnête, même si comme il arrive aux pauvres on l’accusa de vol et le jeta en prison, jusqu’à mieux instruire l’affaire, et pour « faire une leçon ». En prison et la réputation salie… pour rien, absolument rien, car François Soubirous avait l’honnêteté et la dignité des pauvres.

Ici au pèlerin s’impose le silence, car en un tel lieu il n’est aucune parole. Seule celle qui remonte en cet instant au cœur, celle dans laquelle Jésus annonce le bonheur que lui seul peut donner au moment où tout se tait, au moment de l’obscurité quand elle s’impose parfois lourdement, et que pourtant Dieu veille. Les « Béatitudes » de Jésus ici prennent une force étonnante, un écho profond dans le cœur, comme une eau infiniment limpide au pays de la sécheresse totale…


Le chemin de la grotte…
… le chemin de la grotte, lumineux… par tous les temps, car Bernadette y vivait une rencontre étonnante, qui bouleversa pour toujours sa vie… et aussi la nôtre. Chacun en reprend le chemin en pèlerin, c’est-à-dire dans une humilité absolue, étonné et espérant y faire une semblable rencontre. Et les témoins, nombreux, affirment qu’il peut en être ainsi pour tous.



L’Hospice
Oui, enfin l’Hospice, où Bernadette fit sa ‘première communion’ le 3 juin 1858. Où elle vécut aussi plusieurs années, six années, car sa joie la plus profonde était de servir les pauvres. C’est ainsi. Et disant cela on n’enjolive rien. Bernadette aimait servir et servir vraiment, et sans attendre de merci, juste parce que ce geste était le plus proche de ceux du Christ et que dans ces gestes et ce don elle trouvait sa joie.
Elle entra de fait dans la congrégation des Soeurs de Nevers, qui tenaient alors l’Hospice et qui y sont toujours présentes. L’année 2009 à Lourdes invite d’ailleurs à prendre ce chemin aussi, d’après Lourdes, pour Bernadette, le chemin total de sa vie.

Ici le pèlerin vénère l’autel, signe de rapprochement intérieur pour lui, du mystère du Christ. Signe aussi du désir qu’il aimerait porter lui aussi du service et du don total.


Il ressort alors, marqué du signe de son passage. Signe extérieur du chemin… intérieur qu’il a vécu au plus profond, et qui se poursuivra en lui et dans sa vie, désormais marquée mystèrieusement… pour toujours, de ce passage.