Cette
Cette longue note retrace le chemin jubilaire, en mots et en images.
Elle est faite pour entrer si on le veut dans un itinéraire pèlerin.
Alors, qu’importent en fait les mots, ils ne sont qu’un support.
On peut ne marcher qu’en images, c’est-à-dire en fait, si l’on veut, au rythme intérieur.
C’est ce pèlerinage virtuel que je souhaite à chacune et à chacun. Pèlerinage intérieur.
Le sillon de Dieu
On ne quitte pas entièrement une année jubilaire. C’est comme un tracé de lumière, une sorte de sillon de Dieu qui s’est imprimé en nous et que l’on conserve, que l’on ne peut faire autrement que de conserver, car désormais il fait partie de nous-mêmes et éclairera le chemin.Clôturer une année jubilaire, c’est ainsi refaire le chemin comme à rebours, pour qu’il demeure plus fortement imprimé en nous, et que sa dynamique nous porte désormais, disponibles à la grâce.
Au petit matin
Le bonheur est alors de partir, dans la fraîcheur d’abord du petit matin, pour goûter au silence et à la douce clarté, puisque même très frais ou froid, c’est un jour de soleil. A la Grotte déjà une foule immense prie, célèbre l’eucharistie en ce petit matin du dimanche. Oui, ce sillon sera paisible, comme on aimerait le voir se tracer aussi chaque jour de l’année.

Chemin jubilaire à rebours
Le chemin jubilaire à rebours part symboliquement, dans l’après-midi, de la basilique Sainte Bernadette qui accueille le pèlerin, pour marquer sa première étape en fait au podium situé face à la grotte.

Comme Bernadette, face à la grotte, de l’autre côté du Gave
C’est ici que tout a commencé le 11 février 1858. Et le 25 février, la Dame dirigeait Bernadette vers une source, jusque là inconnue et qui vint au jour lorsque sur la parole de la dame Bernadette creusa la boue, avant que l’eau ne devienne limpide. Le pèlerin perçoit bien que au plus profond, Marie nous mène vers son Fils, Jésus, la source d’eau vive. Sa prière est simple, infiniment simple. Il demande l’essentiel : Marie, guide-nous vers la source ! Guide-nous vers ton Fils ! Guide-nous vers la Vérité et la vie !Puis il poursuit son chemin et se rend, comme Bernadette, jusqu’au pied de la Grotte.
Comme Bernadette, au pied de la Grotte
Car c’est ici l’épicentre de la grâce, chacun le sait d’expérience. Ici, Bernadette et la Dame se sont parlé, dans une infinie simplicité. Et c’est ce dialogue de simplicité qui s’éveille dans le pèlerin, en nous-mêmes, même à distance en ce pèlerinage virtuel. Mais un pèlerinage demeure-t-il virtuel quand le cœur est tout entier pèlerin ?Bernadette ici priait le chapelet, doucement accompagnée par la Dame. Le pèlerin, assez spontanément, fait de même. En ce milieu de l’après-midi d’ailleurs, il est accueilli par cette prière, qui en cette heure même est radiodiffusée, pour devenir une prière large.Sous les arcades, il vénère encore l’icône de la Mère de Dieu, magnifique Vierge à l’enfant qui trace doucement en nous ses traits lumineux.

A la Porte Saint-Michel, ‘en hâte’ comme Marie…
Après chaque apparition, Bernadette rentrait chez elle, le trésor au cœur. Bien avant elle, Marie avait quitté Nazareth pour aller rendre visite à sa cousine Elisabeth. Elle portait en elle le sauveur. Le pèlerin aussi porte au cœur cette rencontre à la fois discrète et vive faite en ce lieu. Et lui aussi part ‘en hâte’, avec au cœur ce trésor. Comme Bernadette, pèlerin d’Evangile.
Le pèlerin repasse alors la porte jubilaire et traverse le pont Saint-Michel pour remonter la rue commerciale qui le mène au cœur de la ville.


Devant l’ancien presbytère : Marie, Mère de l’Eglise
Le 2 mars 1858, Bernadette vint au presbytère porter le message qui lui brûlait les lèvres et surtout le cœur : « Allez dire aux prêtres qu’on vienne ici en procession et qu’on y bâtisse une chapelle ! » Envoyée par la Dame, elle vint ce jour-là sans détours au presbytère, pour le confier à l’abbé Peyramale, le curé, au tempérament vif mais au cœur bon, dont Bernadette pouvait craindre l’air bourru, mais qui devint pour elle, après les apparitions, un ami. Elle pleura en apprenant sa mort. Ils étaient devenus vraiment amis. Bernadette revint au presbytère le 25 mars, dire le nom de la Dame qui lui était révélé : « Je suis l’Immaculée Conception ». Ainsi Marie, en qui le Verbe s’est fait chair, nous conduit vers l’Eglise, sa demeure parmi les hommes. A la fin du Concile Vatican II, Paul VI proclama Marie « Mère de l’Eglise ». Le pèlerin comprend ces mots. Il les comprend par le cœur, au moment où il se dirige vers l’église paroissiale, où Bernadette fut baptisée le 9 janvier 1844, et où avec tous elle pria.

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Devant l’église, Place Peyramale : Marie, femme eucharistique
Cette église est associée au chemin que fit Bernadette. Elle désirait de tout son être communier, accueillir en elle le corps du Christ, le corps de Dieu. Et sur la place aujourd’hui, pour ce grand chemin jubilaire, est exposé la présence eucharistique, la présence du Seigneur vivant. Même si les yeux ne peuvent voir que des signes discrets, le cœur perçoit l’essentiel. Et chacun entre dans cette présence. Elle devient pour lui lumière, qui se propage. Et le pèlerin marche à cette lumière. Il en porte le signe, qui ne le quittera plus.
