Sortie du jubilé…

 

Réminiscence biblique. Je sais que jubiler évoque en français une grande joie, une joie jubilatoire ! Le mot vient pour nous du latin, mais trouve sa source en fait dans l’hébreu. Le yobel est en effet d’abord dans la bible la corne dans laquelle on soufflait à perdre haleine pour appeler à la fête, au temps sacré, au temps de Dieu. Le jubilé a dès lors marqué les temps importants du peuple de la bible, et il en fut ainsi tout au long de l’histoire, jusqu’à nous. Dans la bible, chaque septième année était sabbatique, année de remise de dette et de mise en jachère des terres, d’abolition aussi des dettes. Le jubilé lui, marquait la cinquantième année, le sabbat de sabbats. Retour des terres à leur premier propriétaire, remise des dettes. Une année jubilaire est toujours un temps d’exception, de ré-initialisation… de tout. Un commencement nouveau, neuf.

C’est la raison pour laquelle après avoir marqué le jubilé, il faut repartir, reprendre le chemin des jours, prendre en quelque sorte le chemin jubilaire à rebours, le chemin du retour. Cela est d’ailleurs dans l’esprit même du pèlerinage, de tout pèlerinage. Les pèlerins de Compostelle, qui allaient toujours, par la force des choses, plein-ouest, n’étaient une fois arrivés sur place, qu’à mi-route. Car il fallait encore faire le chemin du retour, un chemin désormais plein-est. Et l’on sait que l’Orient, lieu où le soleil se lève, est signe dans la foi, depuis les origines, du Christ ressuscité, soleil levant venant nous visiter dit le Benedictus ou cantique de Zacharie, au premier chapitre de l’évangile de Luc. A l’opposé, l’occident évoque le coucher du soleil, et symboliquement la mort, celle aux yeux de la foi, du vieil homme, de l’ancien, quand le baptisé opte radicalement à l’opposé, pour la nouveauté du Christ.

Le pèlerin de Lourdes doit aussi repartir… plein est, et reprendre le chemin de la vie quotidienne, mais le souffle neuf. Ainsi le pèlerin est toujours en chemin… tourné vers l’Orient !

09/12/2008

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