L’Ecriture aujourd’hui parle du messie humble, monté sur un ânon, entrevu par le prophète Zacharie il y a longtemps. Des paroles et gestes repris par Jésus : en actes. Le peuple qui lui appartient porte ce signe de l’humilité. Bernadette le porta éminemment, dans un merveilleuse clarté.
Jeudi, 3 juillet, j’évoquais le départ de Bayard de la rue Bayard, son site historique. Départ. Et j’évoquais la coïncidence avec cette date, de la présentation de mon petit livre ‘Nomades : le petit livre du marcheur et du pèlerin’, à la fois dans La Croix et Pèlerin, les deux titres historiques du groupe. Belle coïncidence. Mais l’ensemble de ces événements était comme éclairé par une actualité forte, autour d’Ingrid Bétancourt, dont la présence dans les médias est à la fois simple et lumineuse. Elle parle de façon étonnante et simple de la vie, du pardon qui fait vivre ou… survivre dans la jungle, dans tous les sens du terme, et de Dieu qui veille et surprend. Dieu de la résurrection ou du ‘miracle’, qu’elle évoque avec tant de délicatesse et de reconnaissance.
Hier 4 juillet, marquait pour Lourdes un autre anniversaire, discret, qui ne revient à la mémoire que lorsque l’on jette un discret regard sur l’histoire, comme le fait François Vayne dans son blog [ http://www.lourdes-2008.com/blog/fr/?cat=4 ]. C’est le 4 juillet 1866 que Bernadette a quitté Lourdes, ‘désirant vivre libre avec Dieu’. Les récits d’époque disent qu’elle portait une robe bleue, un cadeau qu’elle avait dû accepter, malgré elle. Et, dit le P. laurentin, ‘ce qu’elle emporte tient dans un sac en grosse toile bariolé de rayures verticales arc-en-ciel’.
Elle emportait la Grotte dans le coeur. Plus que cela : la présence qui ne la quitterait jamais. Ainsi voyage le pèlerin, qu’elle incarne de façon radicale et lumineuse, en laissant s’estomper la trace de ses pas sur le chemin, pour que l’on ne voie que l’essentiel.
Ce soir immensité d’une histoire longue de 135 années et qui tourne une page. Bayard, entreprise de presse catholique, fondée au 19ème siècle, quitte son site historique du coeur de Paris, pour franchir le périphérique et s’établir à Montrouge. Très proche banlieue, aux portes de Paris, à la porte d’Orléans, l’une de celles qui regardent vers Lourdes si l’on veut.
Le lien entre cet événement et Lourdes ? Il y en a deux ou peut-être trois.
C’est à la suite du premier Pèlerinage National à Lourdes, en 1873, que les Assomptionnistes fondèrent, la même année, le magazine ‘Pèlerin’, qui devint ensuite au tournant du sicèle ‘Le Pèlerin du vingtième siècle’, puis Pèlerin Magazine et simplement ‘Pèlerin’ (et c’est Pèlerin.info qui abrite ce blog, nouvelle étape de la communication, sur le web).
Ainsi cette aventure est partie de Lourdes, ou est née à la faveur de Lourdes. Puis elle se développa avec La Croix, puis de mille autres titres. Porter la passion de Dieu au coeur et au rythme des évènements.
Et l’autre point commun, c’est qu’un déménagement met en route. Coïncidence peut-être ? La Croix aujourd’hui en pages livres et Pèlerin dans son édition d’aujourd’hui, rendent compte du petit livre que j’ai aimé écrire (et un peu présenté ici) : ‘Nomades, le petit livre du marcheur et du… pèlerin’. Nomades, justement. Transhumants de Dieu. Sur la terre des hommes. Signe discret que cette signature de l’évènement sous cette forme : dans les pages de ces deux grands titres historiques, un filigrane : Nomades !
135 années d’histoire de passion, celle de l’évangile, celle des hommes. En ce soir, avec vous aussi, si vous le souhaitez, je rends grâces.
Ce soir on reçoit cette nouvelle attendue depuis tant de temps : la libération d’Ingrid Bétancourt. C’est une joie immense pour tous. Les étoiles brillent de couleur plus vive en cette nuit. Immense beauté du ciel. Et de l’espérance.
Chant des étoiles. Et chant discret de la prière. Comme un immense merci.
Il y a tant de nuances dans la palette du bleu. Lourdes le sait, qui a sa préférence. Et aujourd’hui, à des lieues de Lourdes, la capitale se vêt de bleu, dans la nuit, pour l’entrée en Europe ou dans la présidence de l’Europe. La tour Eiffel, cette vieille dame, s’habille de bleu nuit et scintille d’étoiles. On pense volontiers devant tant de beauté à rassembler par l’imagination les bleu et les étoiles de la grande ville et de la petite ville des Pyrénées. Ce soir chacune a son mystère. Un mystère de promesses. Elles ne sont pas les mêmes. Mais on rêverait pourtant que quelque chose du rêve de Lourdes touche l’autre, le rejoigne mystèrieusement. Il y a tant à construire dans la paix. Il y a tant à imaginer pour que les hommes vivent en paix.
Hommage au discret scintillement de la lumière ce soir à Lourdes. Et prière pour le monde.
http://mesvideos.croire.com/video/iLyROoafYcb7.html http://mesvideos.croire.com/video/iLyROoafYcbE.html
Cette fin juin ouvre le calendrier à des fêtes d’apôtres et de martyrs, nous plaçant à la fois sur le chemin de crête de la foi et sur son chemin de sources. Jean-Baptiste il y a quelques jours. Irénée ce 28 juin. Le lendemain Pierre et Paul, les deux rocs ou piliers de la foi, colonnes de l’Eglise. Qui eurent des mots, disent les Actes des Apôtres (ch. 15) et l’épître aux Galates (ch. 2, v. 11) ! Ce qui est peut-être rassurant sur la nature de la communion dans l’Eglise, qui n’est pas une communion par défaut ou nivellement, mais par travail de recherche, d’adhésion, de confrontation, de consentement. Une communion forte, vive, et qui est donnée au-delà de nos efforts par le seul qui le puisse, le Christ lui-même.
La recherche de la vérité à Lourdes en 1858 passa-t-elle par d’autres chemins ? Pas vraiment semble-t-il. L’ombre du curé Peyramale doit s’en souvenir, et les murs de son presbytère en garder l’écho, même si aujourd’hui il n’est plus presbytère, mais qu’importe.
Ainsi ce qui se passa à Lourdes demeure sans cesse en résonnance avec l’essentiel de la foi. Le chemin des sources. Que d’images venues d’une autre montagne j’illustre ici, comme en hommage à tant d’autres sources, et discrètement et humblement à celle de Massabielle.
http://mesvideos.croire.com/video/iLyROoafYjhX.html
http://mesvideos.croire.com/video/iLyROoafYjhm.html
Parce que la foi aussi est fraîcheur. Elle est source vive.
Irénée de Lyon ! Qui porta la passion de l’Eglise et celle de l’Evangile. Qui eut aussi des paroles fortes, dont celle-ci, dont on aime se souvenir : “La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant. Et la vie de l’homme, c’est de contempler Dieu”. Bernadette n’aurait pas récusé de telles paroles. Elle les aurait comprises de l’intérieur ! C’était sa vie, sans les mots ou si peu.
Et depuis toujours aussi, le samedi est consacré à Marie dans l’Eglise. Aussi comme un hommage ces images de lumière, basilique du Rosaire à Lourdes, illuminée dans le soir de façon inhabituelle, durant le Frat, en avril dernier :
http://mesvideos.croire.com/video/iLyROoafYj0X.html
Comme un immense “Ave…” qui relie ciel et terre.
Je relis une prière de Saint Bernard à la Vierge ou une méditation, et vous la partage :
Marie…
en la suivant, on ne dévie pas.
en la priant, on ne désespère pas
en pensant à elle, on ne se trompe pas.
Si Elle te tient par la main, tu ne tomberas pas
Si Elle te guide, tu ne connaîtras pas la fatigue
Si Elle est avec toi, tu es sûr d’arriver au but.
Préparation au pèlerinage peut-être…
Vient de paraître, ce recueil de 14 chants composés en regard de Lourdes, pour accompagner la prière du pèlerin. J’ai aimé en travailler ou sculpter les paroles, Michel Wackenheim en a composé les musiques, la Maîtrise des Petits chanteurs de Lyon les interprète. Le coeur et la voix partent en prière. Oui, comme le pèlerin.

