Samedi 12 juillet 2008


14 juillet et défilés, ouverture méditerranéenne. Présence discrète annoncée d’Ingrid Bétancourt, qui a expliqué en mots très simples l’autre registre sur lequel elle se trouvait désormais, au terme d’un long chemin intérieur sur les chemins de jungle.

Ils sont précieux les moments où l’on se refait une conscience commune. Et cette conscience a besoin de profondeur, on le pressent, on le sait. Comme l’eau des puits est fraîche et limpide et forte en profondeur. Chemins de puits, chemins de source ! Ils sont précieux les femmes et les hommes qui laissent pressentir les chemins de source.

C’est aussi ça que l’on fête.

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Vendredi 11 juillet 2008


Patron de l’Europe, mais aussi, d’abord fondateur. Et tout d’abord moine, solitaire, avec d’autres frères. Et l’on se souvient de sa Règle de vie qui commence - utilement !  - par : “Ecoute, mon fils… ”

Oui, le temps de l’écoute : de la Parole, des paroles, de ce que disent les hommes, de ce que dit Dieu. Ecoute sans fatigue de la Parole qui vient de Lui et nourrit, construit, guide, émonde. Du temps de Bernadette, on lisait peu cette Parole. Ce n’était pas encore le temps peut-être… Hélas ! Mais aujourd’hui on y revient, et on la goûte. On l’étudie aussi. On aimerait qu’elle devienne nourriture solide, et cap et repère. Benoît XVI (dont c’est la fête en cette St Benoît) prépare un synode sur la Parole de Dieu, une assemblée d’évêques venant du monde entier pour s’atteler à la question. Quel bonheur qu’elle soit ainsi ou revienne peut-être, au centre.

J’entends en écho cette hymne propre à la fête de Saint Benoît et toute en grâce. Entendue un jour, dans un monastère trappiste blotti dans la montagne, elle m’est revenu souvent, comme un chemin d’essentiel. Je vous l’offre comme une méditation infinie, comme une prière, comme une note de musique discrète, mais à la sonorité très longue :

Vivre à Dieu seul
E
t se tenir en sa présence,
Tout quitter pour atteindre la paix,
Choisir le silence
Pour saisir la Parole,
Pour être ce disciple aux aguets
D’un mot, d’un ordre.

Fuir au désert
Mais rassembler dans la louange,
Consentir à toujours commencer,
Traduire en patience
Le désir du Royaume ;
Pouvoir être trahi sans cesser
De croire aux hommes.

Voir l’univers
A sa mesure véritable,
L’univers comme un point lumineux,
Léger grain de sable
Que l’Amour transfigure ;
Savoir que toute chose est en Dieu
Précieuse et pure.

Craindre sans peur
Dans l’abandon de tout son être,
N’avoir rien de plus cher que le Christ,
Servir le seul Maître
Dont le joug rende libre :
Ainsi dans la douceur de l’Esprit,
Benoît se livre.

Sommes-nous si loin de ce que dit cette hymne ? Je n’en suis pas sûr. Et pourtant…

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Jeudi 10 juillet 2008


Regard ou retour, pour mieux regarder et comprendre. Il y a 150 ans… Juillet 1858. Bernadette sait-elle, comprend-elle, a-t-elle l’intuititon que dans quelques jours elle viendra encore à Massabielle pour la rencontre, mais que ce sera la dernière ‘apparition’ ?

La pensée glisse alors doucement intérieurement sur une méditation qui touche chacun chaque jour. Ce qui est donné, pleinement donné (l’inverse n’est pas imaginable, surtout s’agissant de Dieu), oui, ce qui est donné par Dieu pourrait-il manquer en chemin ? Bernadette semble bien répondre, de tout son être, de tous ses gestes tranquilles, que non. D’une certaine manière, elle vit le temps de la manne, le temps du pain donné, du pain de Dieu donné sans retour pour le chemin.

Sur ce blog, j’ai insisté souvent sur l’importance qu’eut pour Bernadette sa ‘première communion’ - sa théologie était simple, mais sa compréhension solide -. Oui, cet événement la situait là, du côté de l’essentiel. Cela ne reléguait pas les Apparitons de la Vierge à un second plan. Elles demeurèrent sa lumière intérieure et furent sa clarté, son accès au coeur du mystère. Bernadette refusa de choisir entre les Apparitions qu’elle reçut comme le don du ciel, et l’Eucharistie qu’elle reçut, au terme d’un long désir. Bonheur total de part et d’autre. Nourriture d’un chemin souvent rude comme bien des nôtres.

Ainsi Bernadette vivait le temps de la manne, le temps des jours vécus sous le signe du don de Dieu. Redécouverte du ‘Notre Père’ qui parle de ce pain là, pain de plénitude, présence totale de Dieu. Le 16 juillet aura lieu pour Bernadette la dernière apparition. Tristesse sûrement en son coeur. Et marche simple en avant, sans trêve ni sans hésitation intérieure. Sous le signe du pain reçu, devenu son signe.

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Dimanche 6 juillet 2008


L’Ecriture aujourd’hui parle du messie humble, monté sur un ânon, entrevu par le prophète Zacharie il y a longtemps. Des paroles et gestes repris par Jésus : en actes. Le peuple qui lui appartient porte ce signe de l’humilité. Bernadette le porta éminemment, dans un merveilleuse clarté.

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Samedi 5 juillet 2008


Jeudi, 3 juillet, j’évoquais le départ de Bayard de la rue Bayard, son site historique. Départ. Et j’évoquais la coïncidence avec cette date, de la présentation de mon petit livre ‘Nomades : le petit livre du marcheur et du pèlerin’, à la fois dans La Croix et Pèlerin, les deux titres historiques du groupe. Belle coïncidence. Mais l’ensemble de ces événements était comme éclairé par une actualité forte, autour d’Ingrid Bétancourt, dont la présence dans les médias est à la fois simple et lumineuse. Elle parle de façon étonnante et simple de la vie, du pardon qui fait vivre ou… survivre dans la jungle, dans tous les sens du terme,  et de Dieu qui veille et surprend. Dieu de la résurrection ou du ‘miracle’, qu’elle évoque avec tant de délicatesse et de reconnaissance.

Hier 4 juillet, marquait pour Lourdes un autre anniversaire, discret, qui ne revient à la mémoire que lorsque l’on jette un discret regard sur  l’histoire, comme le fait François Vayne dans son blog [ http://www.lourdes-2008.com/blog/fr/?cat=4 ]. C’est le 4 juillet 1866 que Bernadette a quitté Lourdes, ‘désirant vivre libre avec Dieu’. Les récits d’époque disent qu’elle portait une robe bleue, un cadeau qu’elle avait dû accepter, malgré elle. Et, dit le P. laurentin, ‘ce qu’elle emporte tient dans un sac en grosse toile bariolé de rayures verticales arc-en-ciel’. 

Elle emportait la Grotte dans le coeur. Plus que cela : la présence qui ne la quitterait jamais. Ainsi voyage le pèlerin, qu’elle incarne de façon radicale et lumineuse, en laissant s’estomper la trace de ses pas sur le chemin, pour que l’on ne voie que l’essentiel.

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Jeudi 3 juillet 2008


Ce soir immensité d’une histoire longue de 135 années et qui tourne une page. Bayard, entreprise de presse catholique, fondée au 19ème siècle, quitte son site historique du coeur de Paris, pour franchir le périphérique et s’établir à Montrouge. Très proche banlieue, aux portes de Paris, à la porte d’Orléans, l’une de celles qui regardent vers Lourdes si l’on veut.

Le lien entre cet événement et Lourdes ? Il y en a deux ou peut-être trois.

C’est à la suite du premier Pèlerinage National à Lourdes, en 1873, que les Assomptionnistes fondèrent, la même année, le magazine ‘Pèlerin’, qui devint ensuite au tournant du sicèle ‘Le Pèlerin du vingtième siècle’, puis Pèlerin Magazine et simplement ‘Pèlerin’ (et c’est Pèlerin.info qui abrite ce blog, nouvelle étape de la communication, sur le web).

Ainsi cette aventure est partie de Lourdes, ou est née à la faveur de Lourdes. Puis elle se développa avec La Croix, puis de mille autres titres. Porter la passion de Dieu au coeur et au rythme des évènements. 

Et l’autre point commun, c’est qu’un déménagement met en route. Coïncidence peut-être ? La Croix aujourd’hui en pages livres et Pèlerin dans son édition d’aujourd’hui, rendent compte du petit livre que j’ai aimé écrire (et un peu présenté ici) : ‘Nomades, le petit livre du marcheur et du… pèlerin’. Nomades, justement. Transhumants de Dieu. Sur la terre des hommes. Signe discret que cette signature de l’évènement sous cette forme : dans les pages de ces deux grands titres historiques, un filigrane : Nomades !

135 années d’histoire de passion, celle de l’évangile, celle des hommes. En ce soir, avec vous aussi, si vous le souhaitez, je rends grâces. 

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Mercredi 2 juillet 2008


Ce soir on reçoit cette nouvelle attendue depuis tant de temps : la libération d’Ingrid Bétancourt. C’est une joie immense pour tous. Les étoiles brillent de couleur plus vive en cette nuit. Immense beauté du ciel. Et de l’espérance.

Chant des étoiles. Et chant discret de la prière. Comme un immense merci.

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Lundi 30 juin 2008


Très loin de Lourdes. Mais importante symboliquement  ce soir : La vieille dame en bleu. Présage d’ouverture ? Présage de paix… Prière en ce soir.

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Lundi 30 juin 2008


Il y a tant de nuances dans la palette du bleu. Lourdes le sait, qui a sa préférence. Et aujourd’hui, à des lieues de Lourdes, la capitale se vêt de bleu, dans la nuit, pour l’entrée en Europe ou dans la présidence de l’Europe. La tour Eiffel, cette vieille dame, s’habille de bleu nuit et scintille d’étoiles. On pense volontiers devant tant de beauté à rassembler par l’imagination les bleu et les étoiles de la grande ville et de la petite ville des Pyrénées. Ce soir chacune a son mystère. Un mystère de promesses. Elles ne sont pas les mêmes. Mais on rêverait pourtant que quelque chose du rêve de Lourdes touche l’autre, le rejoigne mystèrieusement. Il y a tant à construire dans la paix. Il y a tant à imaginer pour que les hommes vivent en paix.

Hommage au discret scintillement de la lumière ce soir à Lourdes. Et prière pour le monde.

 http://mesvideos.croire.com/video/iLyROoafYcb7.html  http://mesvideos.croire.com/video/iLyROoafYcbE.html

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Samedi 28 juin 2008


Cette fin juin ouvre le calendrier à des fêtes d’apôtres et de martyrs, nous plaçant à la fois sur le chemin de crête de la foi et sur son chemin de sources. Jean-Baptiste il y a quelques jours. Irénée ce 28 juin. Le lendemain Pierre et Paul, les deux rocs ou piliers de la foi, colonnes de l’Eglise. Qui eurent des mots, disent les Actes des Apôtres (ch. 15) et l’épître aux Galates (ch. 2, v. 11) ! Ce qui est peut-être rassurant sur la nature de la communion dans l’Eglise, qui n’est pas une communion par défaut ou nivellement, mais par travail de recherche, d’adhésion, de confrontation, de consentement. Une communion forte, vive, et qui est donnée au-delà de nos efforts par le seul qui le puisse, le Christ lui-même.

La recherche de la vérité à Lourdes en 1858 passa-t-elle par d’autres chemins ? Pas vraiment semble-t-il. L’ombre du curé Peyramale doit s’en souvenir, et les murs de son presbytère en garder l’écho, même si aujourd’hui il n’est plus presbytère, mais qu’importe.

Ainsi ce qui se passa à Lourdes demeure sans cesse en résonnance avec l’essentiel de la foi. Le chemin des sources. Que d’images venues d’une autre montagne j’illustre ici, comme en hommage à tant d’autres sources, et discrètement et humblement à celle de Massabielle.

http://mesvideos.croire.com/video/iLyROoafYjhX.html
http://mesvideos.croire.com/video/iLyROoafYjhm.html

Parce que la foi aussi est fraîcheur. Elle est source vive.

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Samedi 28 juin 2008


Irénée de Lyon ! Qui porta la passion de l’Eglise et celle de l’Evangile. Qui eut aussi des paroles fortes, dont celle-ci, dont on aime se souvenir : “La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant. Et la vie de l’homme,  c’est de contempler Dieu”. Bernadette n’aurait pas récusé de telles paroles. Elle les aurait comprises de l’intérieur ! C’était sa vie, sans les mots ou si peu.

Et depuis toujours aussi, le samedi est consacré à Marie dans l’Eglise. Aussi comme un hommage ces images de lumière, basilique du Rosaire à Lourdes, illuminée dans le soir de façon inhabituelle, durant le Frat, en avril dernier : 

 http://mesvideos.croire.com/video/iLyROoafYj0X.html

 Comme un immense “Ave…” qui relie ciel et terre.

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Vendredi 27 juin 2008


Je relis une prière de Saint Bernard à la Vierge ou une méditation, et vous la partage :

Marie…
en la suivant, on ne dévie pas.
en la priant, on ne désespère pas
en pensant à elle, on ne se trompe pas.

Si Elle te tient par la main, tu ne tomberas pas
Si Elle te guide, tu ne connaîtras pas la fatigue
Si Elle est avec toi, tu es sûr d’arriver au but.

 Préparation au pèlerinage peut-être…
 

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Vendredi 27 juin 2008


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Vient de paraître, ce recueil de 14 chants composés en regard de Lourdes, pour accompagner la prière du pèlerin. J’ai aimé en travailler ou sculpter les paroles, Michel Wackenheim en a composé les musiques, la Maîtrise des Petits chanteurs de Lyon les interprète. Le coeur et la voix partent en prière. Oui, comme le pèlerin.

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Jeudi 26 juin 2008


Désormais c’est l’été, et Lourdes doit reprendre son rythme des jours de soleil, et les chemins d’autres foules peu à peu, que celles de l’hiver. Pèlerins encore, toujours, mais le soleil patine différemment, même les pèlerins, selon les saisons. Je pense aussi à Bernadette, il y a 150 ans. Elle avait ‘fait sa première communion’, dont elle avait tant rêvé. C’était désormais le temps ordinaire, mais autre. En elle peut-être aussi le pressentiment de cette nouvelle Apparition à venir, qui serait la dernière.

Mais comment Bernadette pressentait-elle cet essentiel ? De compréhension intérieure sûrement. Ainsi approche le 16 juillet, fête de Notre-Dame du Mont Carmel, qui fut pour Bernadette en 1858 ce dernier jour des Apparitions, qu’elle garda au coeur, sur d’autres chemins.

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Mercredi 25 juin 2008


Au solstice d’été, on fête la naissance de Jean le Baptiste. Au solstice d’hiver, la naissance du Christ. Le premier naît au sommet de la lumière, le second quand la nuit est la plus longue. Il trace le chemin de sortie, décisive, vers la lumière.

Moulin de Boly, puis Cachot… Dans le premier naît Bernadette au son des roues de moulin et dans la joie du travail rude mais beau des neuniers. Dans le second, la roue s’est tue, elle ne broie que noir et misère, que les Soubirous confient à Dieu, dans une prière fervente qui est comme la trouée de la nuit. Pourtant le noir refuse de se dissiper, comme un mauvais brouillard d’hiver, tenace et accroché.

Quand Bernadette naît, qui penserait au chemin qu’elle fera, lumineux et tellement simple, à travers tout cela puis au-delà. Cela fut-il si différent pour le Baptiste ? Quand la vie surgit, qui dirait ? Il faut donc ouvrir les yeux pour saisir les signes discrets de la naissance de Dieu… Aujourd’hui encore. Sûrement.

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